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Publié le : 8 octobre 2015

Contre le plan de formation « formatage » du rectorat
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Déclaration à lire en début de formation
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Tract à distribuer lors des journées de formation à la réforme du collège

Communiqué de presse du 3 novembre : une réforme qui ne passe pas :

Aujourd’hui mardi 3 novembre, un tiers des enseignants de collège de l’académie de Lyon étaient convoqués à une première journée de formation sur la réforme du collège. Organisées par bassins pour une soixantaine de collègues à chaque fois, ces formations ont malheureusement confirmé le caractère néfaste et bureaucratique de cette réforme en même temps qu’elles en ont révélé toute la vacuité : des diaporamas ont présenté les objectifs d’égalité, mais les questions précises des collègues sur l’organisation concrète des enseignements n’ont pas eu de réponses. La plupart des formations ont donc été houleuses et tendues, ce qui est un comble pour une réforme qui était sensée se faire avec les personnels. Nous publions un florilège des récits de ces formations ci dessous. Par ses silences ou son mépris, l’administration a en réalité confirmé que cette réforme supprime bien certains dispositifs comme les classes bilangues et les langues anciennes et casse le cadre national pour faire travailler les enseignants sur d’hypothétiques « projets » interdisciplinaires sans aucun cadrage.

En mettant à mal le service public d’éducation et en refusant d’entendre les personnels, le gouvernement porte une lourde responsabilité dans la dégradation actuelle du climat politique et social.

Félicitations à tous les collègues qui n’ont pas eu peur de dénoncer cette réforme inepte et bavarde face à leur hiérarchie et ce malgré toutes les pressions. Nous demandons plus que jamais que cette folie cesse, que l’administration reprenne les discussions pour que véritablement le collège change : nous interpellerons la Rectrice de Lyon lors du CTA du jeudi 12 novembre et l’intersyndicale nationale appelle à une semaine d’action fin novembre. Nous appelons aussi l’ensemble de la population à nous soutenir, notamment en signant la carte pétition au président de la République que nos militants vont distribuer dans les prochains jours.

Article du Progès de l’Ain : 17/12/2015

Action des profs de Vonnas ce soir

Formations du 25 novembre

Deuxième vague de formation Bassin de Tassin La Demi-Lune

Alors que nous devions être la troisième et dernière vague à nous présenter au stage de formation sur la Réforme du Collège, les attaques terroristes du vendredi 13 novembre 2015 ont provoqué le report des réunions du groupe précédent ; nos dates ayant été maintenues, nous sommes devenus la « seconde vague ». Apparemment, le premier message pédagogique à retenir est qu’on ne change pas un cours qui dysfonctionne, on l’aménage - ou on essaie...

En effet, nous avons face à nous la même équipe, les mêmes « cadres de l’Education Nationale » que le groupe précédent : une IPR de lettres, un IPR d’allemand, une enseignante-formatrice, une principale de collège et un IEN. Lentement, les collègues arrivent, se saluent, l’un d’entre eux distribue des cavaliers où on peut lire « Non à la réforme ». Les gens s’installent. Les formateurs mettent en route le même diaporama et lisent les mêmes textes que ceux qui ont été présentés à la première vague. La mise en route est quelque peu perturbée par un micro dont la connexion Wifi pose problème au point d’obliger le technicien à opter pour un micro « filaire » (anecdote intéressante si l’on pense à la dotation en tablettes par la Métropole de Lyon de toutes les classes de 5es et que l’on sait que les connexions des tablettes ne sont pas prévues pour être filaires ; d’ailleurs la maintenance de ces tablettes ne serait pas prévue non plus...).

Ce choix pédagogique, qui fait qu’on nous ressert le même cours qu’à nos prédécesseurs sous prétexte qu’il est au programme (politique), ce choix pédagogique, puisque c’est « une formation pédagogique », est improductif et nombreux sont ceux qui s’ennuient (eh oui, nous aussi, on s’ennuie...) pendant qu’on nous fait le constat du mauvais fonctionnement de notre institution. Puis arrivent les principes de la réforme... Là, certains commencent à se réveiller... Vivre pour travailler plutôt que travailler pour vivre semble en effet être le message envoyé par un ministère en Etat d’Urgence ayant pour principal objectif de laisser sa trace dans l’histoire de l’Education Nationale... (Ils vont finir par y arriver !). De très nombreuses questions sont posées concernant le calendrier de la réforme, le contenu des programmes, les dates de parution et le coût des nouveaux manuels scolaires, la mise en place des emplois du temps des enseignants, la constitution des « équipes »... Quelques réponses nous sont données mais beaucoup d’entre elles ressemblent plus à des supputations qu’à de l’information (rappelons par ailleurs que nous sommes censés être en for-ma-tion...) et surtout beaucoup d’entre elles renvoient à plus tard dans la matinée, plus tard dans la formation, plus tard dans l’année, plus tard... On sent que l’angoisse monte chez certains d’entre nous qui, en bons professionnels de l’enseignement qu’ils sont, aimeraient pouvoir déjà se mettre au travail et anticiper leurs changements de programmes sur 4 niveaux ; mais non, ce n’est pas prêt. « En février » leur dit-on. Ceux-là pensent à leur vie de famille, à leurs « vacances » faites pour « récupérer » (Récupérer quoi ? Les errements de pseudo-penseurs déconnectés de nos réalités et conduisant « le camion » les yeux rivés sur l’écran du GPS ? ). Nos cadres compatissent mais « c’est une directive du politique », nous disent-ils, donc...

Tous pour 4 et 4 pour tous ! Des éléments qui faisaient débat lors du stage de la 1re vague sont, semble-t-il, désormais éclaircis et admis par nos formateurs (les collègues avaient raison !) : 26 heures de cours et sur ces heures de cours, pendant ces heures de cours, sont programmés les heures d’Accompagnement Personnalisé (en classe entière donc) et les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (en classe entière aussi) ; sauf que, si l’on désire que ces actions se fassent en petits groupes, il faudra se battre entre enseignants, entre matières, pour réussir à s’accaparer une heure ou deux sur les quatre heures hebdomadaires d’EPI/AP qu’aura chaque classe de 5e, 4e et 3e ; chaque classe de 6e ayant, elle, 3 heures d’AP par semaine. Il faut par ailleurs se rappeler que les matières scientifiques et la technologie sont encore très demandeuses de groupes !

Une certitude, le socle commun ne se fondera pas sur la maîtrise de la langue française : le diaporama est abandonné et on aborde de front la question des langues : ce que l’on retiendra, c’est que la seconde langue vivante est imposée à tous dès la 5e , que l’élève maîtrise ou non le français ou sa LV1 (a priori English über alles)... Les bilangues pourraient (???) se maintenir sur certains collèges SI une école primaire « fléchée » du secteur (à redéfinir, bien sûr !!!) dispense l’enseignement de cette LV par le biais d’un Professeur des Ecoles ayant la certification... Ce qui revient à dire qu’un poste de Prof des Ecoles décidera d’un / des poste(s) de Professeur(s) de Collège. Sur ce point, il semblerait que « des » profs de LV pourraient être bientôt invités à intervenir régulièrement en primaire pour maintenir le fil école-collège-lycée (ne surtout pas utiliser le mot « filière » !).

Une collègue au statut « extra-ordinaire » intervient pour interroger nos « cadres » sur le devenir des SEGPA : il semblerait que celles-ci soient appelées à se dissoudre dans nos effectifs de collège. Silence dans la salle...

Nous parlions donc de différence... « A ce propos, où sont nos collègues de l’enseignement privé ? » interroge un professeur. Et là, la situation bascule. Tout le monde comprend à ce moment-là que toutes ces mesures, sous prétexte d’instaurer une égalité de façade (26 heures pour tous), enlèvent en fait aux familles toute possibilité d’obtenir une aide réellement adaptée aux différents handicaps supportés par leurs enfants. Nos AVS font pourtant ce qu’ils/elles peuvent ! En 5e des élèves « de toutes sortes » commenceront donc une seconde langue vivante ! Tous prennent alors conscience du regain d’attractivité que va exercer l’enseignement privé. Déshabillée de ses quelques atours attractifs, l’Ecole Publique regarde dépitée les écoles privées s’en emparer et parader dans leurs quartiers protégés ! « Tous les collèges, publics et privés, devront appliquer cette réforme », nous redit-on. Certes, mais le privé pourra, sur fonds « propres » (la langue française est parfois très ironique...), ouvrir des sections bilangues, permettre l’enseignement du latin et du grec, maintenir le fil des LV grâce à ses filières primaire-secondaire. Des familles voudront de toute évidence éviter à leur progéniture l’ennui de devoir supporter la lenteur ou la mauvaise volonté de certains enfants. On ne peut que constater que le droit d’être différent de la masse est accordé à certains et qu’ils bénéficient, pour cela, d’écoles « différentes »,« privées », mais que d’autres différences ne peuvent obtenir autant d’attention des pouvoirs publics. Bravo la République ! La Chose Publique pour les uns, la Chose Pas Publique pour les autres ! On se croirait projeté dans le débat hôpitaux publics (utilisés pour tout ce qui est risqué et peu rentable) et cliniques privées ( pour tout ce qui touche au confort et rapporte gros - mais pas à la Sécu !). République & Réprivé ! On nous apprend que l’enseignement privé a son propre organisme de formation. Ben voyons ! Amen ! Et on nous dit vouloir unifier le pays, la nation ! L’enseignement privé n’a que deux limites : ses murs et le choix des élèves qu’il accepte d’y recevoir. Le ton monte parfois quand des phrases stéréotypées ont la prétention de vouloir calmer les esprits choqués par tant d’injustice. Collège Unique : certainement pas ! Il y en a deux ! Collège Inique ! Comment peut-on être à ce point incompétent et malveillant pour en arriver à réveiller la Guerre des deux Ecoles ? « Ah ! Le mépris... »

Alors on nous calme en nous proposant de nous scinder en deux groupes, par ordre alphabétique... Pourquoi ? On ne sait pas. Personne n’écoute ; tout le monde discute ; certains partent, écœurés.

Dans un des deux groupes ainsi formés, l’IPR d’allemand et l’enseignante-formatrice animent le débat. Ils sentent bien qu’ils sont loin d’avoir convaincu qui que ce soit et depuis plus de 3 heures AUCUN ENSEIGNANT PRÉSENT N’A CHERCHÉ À DÉFENDRE LE MOINDRE ASPECT DE CETTE RÉFORME. Tenant peut-être plus à leurs chemises qu’à défendre cette insulte au bon sens qu’est cette « réforme » financière, ils finissent par admettre que nos arguments méritent d’être écoutés et qu’il s’emploieront à faire « remonter l’information ». Forte de son expérience en lycée, l’enseignante-formatrice tente alors de nous convaincre des bienfaits de l’autonomie pour la mise en place de l’Aide Personnalisée en cours. On lui demande si elle se rend compte de la nécessaire proximité à mettre en place EN COLLEGE avec des élèves en (très) grande difficulté pour seulement espérer obtenir d’eux un début de progression ; et que faire alors des autres ? Les yeux se baissent, chaque camp comprend que l’autre a compris ; les uns faisant comprendre aux autres qu’ils respectent le « courage » dont ils ont fait preuve pour affronter cette seconde vague et défendre ce projet mortifère pour le collège public ; les autres permettant aux uns de penser que certaines de leurs remarques sont tout à fait recevables.

Suite au prochain numéro.

NON À LA RÉFORME !

Collège G Dru, Lyon 3è
La formation 2e vague, 1re journée à Gilbert Dru a été pour le moins mouvementée. A l’entrée, les collègues que nous avons vus ont tous pris des tracts et cartes-pétitions et nous ont remercié, nous n’avons pas eu de réaction hostile ou de refus. Dès le début, les encadrants présents ont semblé chercher désespérément dans la salle des regards sympathisants ou du moins intéressés...L’ambiance était glaciale et les profs se sont installés au -delà du 3e rang de la salle laissant vide l’espace entre eux et l’estrade et les profs ont égrenés leur entrée pendant une demie- heure. Lorsqu’un collègue a demandé aux formateurs de parler plus fort, on lui a demandé de se placer devant en faisant sèchement remarquer que nous avions déserté volontairement les 1ers rangs.

Très rapidement le déroulement du diaporama a été interrompu par un flot de questions et de remarques de très nombreux collègues tels que les formateurs n’ont pas pu nous mettre en groupe de travail et ont achevé de projeter le diaporama à toute vitesse après 11h, après deux heures d’échanges souvent très tendus et des réactions collectives de la salle (bavardages, commentaires, réponses vives et applaudissements..), et ont aboutit de leur part à des réponses souvent contradictoires avec ce qu’ils voulaient faire passer « ce n’est pas parce qu’on donne une miette à tout le monde qu’on favorise l’égalitarisme »suivi de « ce qu’on veut c’est que ce ne soit pas toujours les mêmes qui aient leur part du gâteau ». Nous avons constaté que beaucoup de questions se soldaient pas "on ne sait pas, ne vous inquiétez pas, on verra plus tard, on ne peut pas vous répondre tout sera décliné en fonction de la situation locale etc... (ex sur le nombre d’élèves en AP ou sur les mises en barettes des cours d’EPI et D’AP, sur des EDT trimestriels ou semestriels..la situation des élèves handicapés, primo-arrivants, ULIS, SEGPA et leurs difficultés spécifiques).

Sur des questions sur le socle et l’EMC, les formateurs ont reconnu que la mise en œuvre n’était pas satisfaisante.

En revanche nous avons appris qu’ils envisageaient de payer les EPI en HSE pour donner plus de possibilité de co-animation etc...que les EPI seront répartis entre équipe lors des répartitions de service, que les collègues arrivant devront s’y intégrer même si pas volontaire grâce à un descriptif détaillé fourni par les collègues, et qu’un collègue ou une équipe ne pourra refuser d’y participer.

Les collègues ont été surtout choqués par des propos méprisants, des interventions suggérant que les classes bilangues ou européennes ne favorisaient que la réussite des « fils de profs » ! ou des remarques sur le fait que nous étions hostiles, etc...

Formations du 24 novembre

Châtillon

« Chantier de démolition » au pays d’Orwell…

Tout un symbole… Dans le regroupement de « formation » de Châtillon, mardi 24 novembre, vers 9h30, alors que s’égrenait face aux collègues un chapelet de « novlangue », avec des amas nébuleux de mots vides de sens (« apprenant », « appétence », « leviers », « éducabilité », « école inclusive » etc… ), derrière la fenêtre, une pelleteuse s’activait, rageuse, à démolir l’ « ancien » collège de Châtillon… Salle par salle, matière par matière, détruisant une par une les cloisons, les briques, les chevrons… dans un fracas sourd, mais avec une violente détermination : rien n’en restera.

Combien de fois l’avons-nous entendu, le discours de nos apprentis démolisseurs : « il faut tout casser, l’organisation actuelle, le groupe-classe, le modèle « un prof, une heure, une classe », les cours magistraux (ah bon, ça existait encore quelque part ?), il faut décloisonner, remplacer les vieux savoirs par des nouvelles compétences… » La métaphore filée pourrait se dévider encore longtemps.

Destructrice, cette réforme, mais « orwellienne » aussi… car le mot « novlangue », c’est Georges Orwell qui l’a inventé, dans le roman « 1984 ».… Ah oui, au fait, j’oubliais, dans le chapelet, il y avait la référence à l’utilisation massive d’internet par les élèves, et notamment celle de wikipédia, qui devait amener les enseignants à changer leur pédagogie. Tiens, tiens, que dit « wikipédia » sur le mot « novlangue » ? Extrait :

Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d’une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l’affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et dépendants. Ils deviennent des sujets aisément manipulables par les médias de masse tels que la télévision.
C’est donc une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État, l’objectif ultime étant d’aller jusqu’à empêcher l’« idée » même de cette critique1.

No comment… Toute ressemblance avec un discours éducatif existant ou ayant existé serait purement fortuit.

Plus concrètement : après une rapide pleinière, la délégation du collège de Vonnas a à nouveau boycotté les ateliers (1 : « Différenciation pédagogique » ; 2 : « Cycle 3 » ; 3. « Cycle 4 ») démarrés vers 10h00, avec trois groupes de collègues… dont une synthèse a été faite vers 15h30. Aurions-nous dû y aller quand même ? Non, en fait, car il n’est à nouveau rien sorti des ateliers. Et personne ne s’est bousculé pour « rapporter ».
Groupe de collègues n°1 :

  • Atelier 1 résumé ainsi par le rapporteur : « Il ne faut pas s’inquiéter »… « ça demanderait du temps… mais on n’en a pas beaucoup »
  • Atelier 2 : nombreux problèmes d’organisation soulevés, dans la coordination école-collège (réunions profs-instits : avec qui ? pour chaque matière ? comment ? combien ???? sur quel temps ?) : aucune réponse concrète… Un exemple rigolo relevé par un collègue : l’école du Peloux, à Bourg-en-Bresse, envoie ses élèves dans au moins 3 collèges de Bourg : les instits de l’école vont-ils devoir organiser des réunions avec chaque équipe, de chaque matière, de chaque collège, pour construire le détail des programmes du cycle 3 ? (Bof, ça ne fait que 30 réunions, après tout… s’ils ne se voient qu’une fois !) Ah, une nouveauté : le « Conseil de cycle 3 »… Rien à voir avec le « Conseil école-collège ». C’est encore un autre machin, avec d’autres réunions.
  • Atelier 3 : Sur les EPI : comment construire des EPI sur des programmes qui n’existent pas (latin, par exemple) ? Pas de réponse… S’il n’y a pas suffisamment de volontaires pour des EPI, le chef d’établissement va-t-il imposer des couplages ? Silence gêné des animateurs… pas de réponse. La « marge » de 2,75h, puis 3h, sera forcément insuffisante pour tout mettre en musique, comment fait-on ? Pas de réponse…

Groupe de collègues n°2 :

  • Atelier 1 : « l’AP, c’est flou… on ne voit pas ce que c’est » Réponse, sous forme de question : « Contenu ou organisation ? » « Ben, les deux, en fait… »
  • Atelier 2 : « Le Conseil de cycle 3, ça ne serait pas redondant avec le Conseil école-collège ? » Pas de réponse…
  • Atelier 3 : Sur les EPI, aucune idée n’a émergé… mais des « inquiétudes ».

Groupe de collègues n°3 :
Pas suffisamment de matière (en 3h30 !) pour une synthèse… mais une affirmation : la quantité de travail à fournir est énorme, colossale, et devrait être prête bientôt, alors que les nouveaux programmes sont parus… ce matin.

Les animateurs, très gênés, ont parfaitement résumé par deux jolis euphémismes :
« Progressivement, les choses s’installent dans vos esprits. »
« Il y a des questions qui restent en suspens, avec des enjeux importants. »

Plus sérieusement, cette deuxième journée montre que la réforme est un fiasco total…

Formations du 10 novembre

OYONNAX

Les collègues sont revenus absolument écœurés de la 2° journée, avec le sentiment d’avoir complètement perdu leur temps. Ils ont eu droit également à « Mme Bovary mange-t-elle équilibré ? » Bizarrement, les formateurs ont refusé de communiquer le diaporama aux stagiaires médusés. Le pire, c’est qu’apparemment, cela n’a rien d’un travail interdisciplinaire : le prof de français et le prof de SVT travaillent chacun dans leur coin sur le même sujet, mais il n’y a aucun autre lien entre leur travail !

Les collègues ont eu une alternance de propagande (on leur a seriné le mot « socle » jusqu’à l’écœurement, décliné en différentes classes grammaticales) et de réforme vidée de son sens (en fait, en REP, vous êtes très en avance, il suffit de continuer ce que vous faites actuellement et de temps en temps vous précisez que ce que vous êtes en train de faire, c’est un EPI). Devant la résistance des collègues, les formateurs ont parfois perdu leur calme : « Vous n’êtes pas professionnel ! » « Si vous voulez partir, allez-y, vous en assumerez les conséquences » « Puisque vous n’avez pas besoin de formation, veuillez former les collègues de votre atelier, expliquez-leur tout ce que vous savez déjà ! »

Les collègues ont refusé de se mettre en groupes de travail avec des enseignants du 1° degré sur le cycle 3 qu’ils ne reverront jamais, vu qu’il étaient d’un autre REP.

Ils ne se voient pas aller à la 3° journée.

MEXIMIEUX

Ecœuré, dégouté... j’aurai préféré faire grève plutôt que d’entendre tant de discours creux, d’inepties et de mensonges...
ça commence par le rappel des valeurs de la République : Egalité, Liberté , Fraternité... Laïcité... droit à la différence, prise en compte de l’hétérogénéité, mais, fait-on remarquer, on ne tient plus compte des élèves ayant des facilités (euro, latin, bilangue...) ! problème de l’accueil en ITEP, en IME : réponse, ce n’est pas le même Ministère... bah oui, mais que prévoit l’Education Nationale ???

La mission de l’école est de « réduire les inégalités » !

On part en ateliers : 2 groupes, travail sur chacun des cycles. Aucune production ne sera rendue !

En cycle 3, la formatrice académique s’étonne : ah bon, vous n’aurez pas de moyens horaires supplémentaires pour les concertations ? Je m’énerve !!! non, on est juste bénévole ! à Montluel, on a pu travailler avec les écoles, dans le cadre du RRS et avec une décharge d’un enseignant coordonnateur, or ce RRS a été supprimé cette année !
Qui voudra encore travailler les 6e, au risque de passer des heures en conseil école-collège ? et au fait avez-vous prévu que nos collègues du primaire soient formés avec nous ? et ceux du privé ? réponse : sur les prochaines formations.

problèmes : comment se répartir les AP : foire d’empoigne ? quel emploi du temps ? quel lien avec le primaire ?

liste d’émargement l’après-midi...

Atelier cycle 4 : présentation de 2 documents de chercheurs à lire ; peu de réactions. les formateurs passent très vite à autre chose.
EDT : pause méridienne obligatoire, 26 heures de cours sur 32 heures de plage horaires ; je pose la question des 6 heures à occuper lorsque les élèves sont soumis aux transports scolaires ? non, les transports ne seront pas adaptés aux horaires des élèves... le Principal du collège nous affirme qu’il y aura des créations de postes d’AED à la rentrée : la question a été posée à Mme la Rectrice ! je m’étonne encore, puisqu’il y a eu de nettes restrictions de poste depuis 2 ans ; le Principal admet...
EPI : le calendrier annuel et le choix des disciplines doit se faire en janvier ; le chef d’établissement va devenir le « chef d’orchestre » de nos propositions !
Le Principal dit encore que l’enseignement de complément s’ajoute aux 26 heures élève... auxquelles s’ajoutent encore les heures de vie de classe (pour occuper la « marge » des 6 heures qu restent) : les prof vont faire 36 heures de vie de classe ? non-non, tout le monde peut intervenir sur les HVC !
Ils donnent un exemple d’EPI : accrochez-vous... « Gargantua et Mme Bovary mangent-ils équilibré ? » 2 prof de lettres et SVT ont pondu ça en comité académique : pauvre Flaubert...

les collègues interviennent : et le latin, et les arts plastiques, et l’allemand ? ils sont rassurants, tout va bien... les temps de concertation permettront de tout lisser, il y aura le temps dans le cadre des 1607 heures ! je m’insurge !
là non plus, aucune production ne sera rendue

retour en plénière : bref bilan des intervenants sur ce qui s’est dit dans les 2 groupes. Ils précisent que la prochaine formation portera sur le rôle du numérique, sur la professionnalité : ce qui doit évoluer dans le métier de prof... sur l’idée de travailler avec plusieurs écoles, et encore sur l’AP et la différenciation pédagogique.

Mais qu’ont-ils fait de notre Grande Maison ???

MONTREVEL-EN-BRESSE

Hier, sur la formation de Montrevel 59 profs sur 63 sont restés en plénière et ont refusé de participer aux ateliers prévus (et en plus les 4 qui sont partis en ateliers n’étaient pas tous pro-réforme !). La journée a commencé par 1h30 de plénière où on nous a présenté un exemple de DHG et de répartition pour montrer qu’à structure équivalente nous ne perdrions pas de moyens entre 2015/2016 et 2016/2017. Cependant, cela a mis en évidence les disciplines les plus touchées par la réforme qui perdent beaucoup d’heures : latin, allemand, SVT et technologie. Dans la simulation présentée, les horaires étaient maintenus en LV2 (malgré la suppression des euros) par la création de groupes pour éviter des effectifs pléthoriques. Cet exemple a permis de montrer les différents choix qui pouvaient être effectués pour utiliser les 2,75h de marge mais également les limites de cette prétendue « autonomie » relevant du « choix » de l’établissement puisqu’ évidemment tout ne pourra pas être assuré (dédoublement en sciences et en AP, groupes de LV, latin, co-animation...). De plus, cette marge n’étant pas inscrite dans les grilles horaires, rien ne garantit sa pérennité et elle pourra disparaître facilement dans quelques années sans que cela ne se voit trop aux yeux des parents.

Les collègues ont continué avec de nombreuses questions et guère plus de réponses concrètes que la semaine dernière. Concernant la disparition des heures en allemand, il semblerait que les collègues pourraient compléter leur service en primaire et cela permettrait de recréer au collège l’année suivante les classes bilangues qui auront été supprimées l’année d’avant. Bel exemple de cohérence dans la politique éducative ministérielle !!! Un autre problème a été soulevé avec les nouveaux horaires de français (et de langues) qui ne vont pas permettre une répartition des classes avec des services de 18h. Les enseignants risquent donc d’être contraints par leur « bonne conscience pédagogique » d’accepter des heures supplémentaires au delà de l’heure légale pour éviter un découpage artificiel des classes. Sur une discipline comme le français, qui représente beaucoup d’heures dans un établissement, c’est un bon moyen d’imposer indirectement un temps de service plus important aux enseignants malgré les statuts. Les collègues de SVT et de technologie ont insisté sur le problème de la disparition des groupes en 6e et la difficulté de manipuler avec des classes entières de plus en plus chargées. Une question a également été posée sur la mobilité quasiment réduite à néant des professeurs de lettres classiques. Pourraient-ils demander à intégrer le corps des professeurs de lettres modernes ?

Comme indiqué au début de ce compte rendu, la grande majorité des collègues a ensuite refusé de partir en atelier, expliquant qu’il y avait trop de flou dans la mise en œuvre de la réforme pour nous faire travailler sur du vent. Les cadres administratifs ont bien essayé de nous faire changer d’avis en insistant sur le fait que nous devions préparer dès à présent une réforme qui de toute façon s’appliquerait. Nous avons rappelé que cette réforme était mise en place contre la majorité de la profession ce qui devrait peut-être questionner le ministère sur son contenu et sa faisabilité. Un atelier sur le cycle 3 s’est tenu dans une autre salle avec 4 personnes. Les 59 autres ont assisté à une « présentation » de l’atelier prévu mais en plénière, puis au contenu de l’atelier sur le cycle 3 l’après-midi.

Le contenu de ce qui nous a été présenté a confirmé que nos formateurs n’avaient (sans doute bien malgré eux) pas grand chose de concret sur la réforme pour nous faire travailler efficacement en atelier :

  • une intervention sur la différenciation pédagogique (rien de spécifique à la réforme) ;
  • un exemple « virtuel » d’EPI Lettres / SVT réalisé en tant qu’exemple par deux formatrices ne travaillant pas dans le même établissement. EPI très théorique donc puisqu’il ne sera pas mis en place réellement. Très théorique également car les points du programme abordés en SVT ne représentaient que quelques heures de cours. Cet exemple a ainsi mis en évidence un autre problème : même avec plusieurs EPI sur l’année, il sera très compliqué de construire des projets qui correspondent exactement au volume horaire d’EPI globalement prévu pour chaque niveau dans les différentes disciplines. Certaines heures affichées comme EPI seront donc vraisemblablement utilisées pour de l’enseignement disciplinaire classique. Cela montre la conception « artificielle » que le ministère nous présente de l’interdisciplinarité. Le fait de vouloir systématiser sur les heures disciplinaires, un volume horaire interdisciplinaire précis pour toutes les classes d’un même niveau correspond plus à un effet de communication qu’à une réalité pédagogique ;
  • une intervention sur le cycle 3 axée plus particulièrement sur les compétences et l’évaluation bienveillante et positive. Cette partie a été l’occasion d’une mise en cause à priori de nos pratiques que certains ont pu trouver un peu limite. Certes, nos pratiques sont loin d’être parfaites et doivent être améliorées mais les collègues font ce qu’ils peuvent avec les conditions de travail et les injonctions parfois contradictoires qu’on leur donne. Un point de consensus : la mise en cohérence du cycle 3 avec les écoles de secteur représente une grosse charge de travail.

Il y a eu des questions et des échanges sur les différents points abordés mais rien de bien nouveau permettant de lever les inquiétudes des collègues sur la mise en place de la réforme.

BOURG-EN-BRESSE

Nous étions une quinzaine de « boycotters » entre Thomas Riboud et Victoire Daubié plus une collègue de Brou à partir de 14h. 

Lors du retour en plénière, les formateurs se sont félicités des échanges riches, constructifs et des avancées faites lors des ateliers. Cependant, les collègues ayant participé aux ateliers que nous avons croisés ont plutôt confirmé le sentiment du matin en plénière, c’est-à-dire une grande difficulté à mettre en place les axes de réforme et le flou lors des réponses apportées. Pour les formateurs eux-mêmes, beaucoup de choses « sont à l’étude et à construire ». La même réponse nous avait été faite la semaine dernière, avec des promesses de réponses aujourd’hui. 

Les formateurs ont insisté sur le fait qu’ils allaient faire remonter toutes nos inquiétudes mais lorsqu’une collègue a pris la parole pour dénoncer les effets d’annonce mensongers de la ministre elle-même concernant l’allemand elle a été très sèchement remise à sa place, remettant en doute son professionnalisme en tant qu’enseignante. Les collègues solidaires ont ensuite pris la parole pour informer les formateurs de l’existence du communiqué rédigé par les collègues absents aux ateliers en leur demandant s’ils souhaitaient entendre ce communiqué. La réponse des formateurs a été claire : « Non, ça ne sera pas la peine ». Plusieurs collègues concernés se sont alors levés et ont quitté la salle. 

Un collègue de Daubié de la vague 2 propose donc une grève massive ( tous les collègues des collèges concernés/ rassemblement devant Victoire Daubié) le mercredi 18 Novembre, première phase de la vague 2. 

REYRIEUX

Tout d’abord une plénière où on a commencé par nous présenter un diaporama pour nous rappeler les valeurs de la république. Un collègue a reposé rapidement la question du nombre d’élèves en classe. On nous a précisé que bon, cette fois, on poserait les questions quand on serait en groupe, sinon on n’avancerait pas … Au moins 1/3 des collègues étaient occupés à faire autre chose, corriger des copies, avec son téléphone, papoter (papoter ça fait du bruit alors on nous a dit chut, un peu de respect !). A la critique de la nécessité de ce rappel : c’est une commande de Mme la Rectrice, donc on fait.

En groupe : ½ sur les EPI et la moitié sur le cycle 3.
Qu’a-t-on appris ?
EPI : on a eu un exemple d’organisation avec l’emploi un emploi du temps d’élèves, le reste que du pédago avec quelques exemples. On s’est encore entendu dire qu’il ne fallait pas avoir peur, … En effet, une grosse crainte sur l’organisation, sur laquelle on n’a pas du tout eu d’informations.
Cycle 3 : Deux pages du projet de programme présentées avec un tableau à compléter (ce qui est bien, ce qui pose pb) (un feuille pour 2 car une feuille par groupe ce n’est pas assez). Compte rendu pas très nourri, où on a commencé bien sûr par faire le bilan de ce qui est positif (pas le temps pour le négatif), des questions de collègues sur la pertinence de tout ceci, pas de réponse convaincante.

En bilan :
A la majorité des questions un peu pointues qui sont celles qui nous préoccupent le plus sur les programmes ou l’organisation la réponse a été : on vous répondra plus tard … quand, pas ce mardi en tous cas !
Pour le cycle 3 : concertation … les élèves de 6e pourraient venir avec leurs cahier de primaire pour qu’il y ait une continuité (poids des cartables ?), si nous manquons de temps pour nous concerter, on pourrait gagner du temps sur d’autres choses, par exemple on pourrait raccourcir les conseils de classe … !!!!. C’est vrai qu’actuellement, 1 minute par élève, c’est beaucoup ! …. etc. D’ailleurs, pour ne pas se contredire, on nous a dit que les collègues de primaire pourraient être invités à ces conseils de classe.

Pour terminer, un petit clin d’œil. Sachez, chers collègues, que le Principal de Reyrieux nous a précisé qu’il n’était pas d’accord avec certaines choses écrites dans le compte-rendu du SNES (en précisant qu’il sortait un peu de son rôle ??!!). J’imagine qu’il ne sera pas d’accord encore cette fois, eh bien tant pis, et vive la liberté d’expression. Je me demandais ce que faisait un principal dans une formation d’enseignants, c’est vrai que le bouclage de la parole doit se faire au maximum, tous les couvercles sont les bienvenus. ;-) J’espère que ces propos seront relayés sur le site du SNES.

Les collègues sont sortis au choix en colère, dépités ? En tous cas fatigués et pas rassurés ! En tous cas, en formation comme en classe, quand l’assemblée à laquelle on s’adresse n’écoute pas c’est qu’il y a un problème et qu’il faut faire autre chose, autrement ou modifier le contenu et arrêter de débiter son petit couplet sans tenir compte de cette assemblée. Si on faisait comme ça en classe, ça ne durerait pas. Je nous ai trouvé bien polis en patients, déjà de rester jusqu’au bout !

Compte rendu de la formation « réforme du collège » du 10 novembre 2015, Collège Jean-Jacques Rousseau, Tassin-La-Demi-Lune.
Collèges de Tassin, Craponne, Ecully, Lentilly et Les Battières à Lyon

Une semaine après la première demi-journée de stage, les collègues viennent assister à cette deuxième étape à reculons. Les journées se suivent et se ressemblent. Même regroupement devant le collège. Les professeurs sont désabusés et les tracts circulent. Des enseignants arborent encore des dossards et des encarts « Non à la réforme », « La réforme, c’est toujours non ».
Un bruit court qu’il n’y aura pas de plénière et que nous serons aussitôt dispersés en groupes : « on veut nous diviser ! ». Plusieurs collègues affirment qu’ils ne se rendront pas en atelier, qu’ils refuseront de participer à toute activité, voire de prendre la parole. D’autres appellent à ne pas rentrer dans l’établissement. La principale de JJ Rousseau vient chercher les collègues d’un air agacé.
En réalité, cette journée débute bien par une brève plénière. Les intervenants sont les mêmes que la semaine précédente. Les collègues craignent qu’on leur resserve le même disque. Les intervenants affichent les ateliers de la journée : il y en a 3, pour 3 groupes divisés par ordre alphabétique :

Atelier 1 : les EPI
Atelier 2 : l’AP
Atelier 3 : Le cycle 3

Les intervenants demandent aux professeurs de rejoindre leur atelier. Une grande partie de l’assistance refuse de se lever et reste assise. Le ton monte et l’assemblée se voit asséner un « vous êtes fonctionnaires ! ». En effet.
Les collègues rejoignent péniblement leur salle.
Ils découvrent avec surprise qu’en fait les ateliers n’en sont pas. Ils sont la déclinaison en petits groupes de la séance précédente. Aucun travail n’est demandé aux professeurs.

Atelier 1 : les EPI
L’atelier s’ouvre dans une tension palpable. Les intervenants sont très remontés. Ils répondent aux critiques qui leur ont été faites au sujet de la première journée, en particulier dans le compte rendu publié par le SNES.
Puis ils expliquent le fonctionnement des EPI. Où l’on nous donne en exemple la proposition conjointe de deux IPR : « Gargantua et Mme Bovary mangeaient-ils équilibré ? ». Croiser la littérature et la SVT, c’est tellement plus rigolo qu’un vrai cours sérieux : on peut tout à la fois calculer le pH de l’estomac (pour Mme Bovary, avant ou après la prise d’arsenic ?) et produire des poèmes à partir de recettes végétariennes.
Les questions ne manquent pas et les réponses provoquent souvent frustration ou colère. Une collègue demande d’évaluer le temps de concertation pour la mise en place d’un EPI. « 20 heures », se voit-elle répondre à la louche. « Avec quelle rémunération ? », poursuit-elle naïvement. Sourires entendus, mine agacée : « Aucune ». Que se passera-t-il si les professeurs refusent de faire des EPI ? « Vous êtes fonctionnaire ». « Il faudra s’adapter ».
On nous propose une simulation d’emploi du temps. Où l’on voit clairement la diminution des horaires/discipline : 3h en français par exemple, en-dehors de l’AP et des EPI, mais on nous assène le leitmotiv : « vous y ferez votre programme, mais différemment ».

Atelier 2 : l’AP
L’intervenant part d’une citation de la réforme Haby qui voulait déjà (en 1975) assouplir et différencier la pédagogie. Il mesure donc le chemin à parcourir. L’AP ne doit pas être relégué en fin de journée pour les élèves en difficulté. L’AP a vocation à transformer la façon que les professeurs ont de faire leur cours. Il doit « infuser » et amener les professeurs à différencier beaucoup plus leur cours. Rendez-vous compte, il existe encore des professeurs – honte sur ces dinosaures – qui pratiquent des « cours frontaux », dans lesquels ce sont eux qui accaparent la parole, réduisant au mutisme leurs pauvres élèves, alors que l’oral est si important.
Les professeurs notent que leur formation initiale et continue ne les a pas préparés à cela et que c’est peut-être par là qu’il faudrait commencer. Ils observent que les conditions de travail ne cessent de se dégrader en collège et qu’on leur demande encore de rajouter une couche sur ces difficultés. Comment différencier à 31 élèves ? Différencier jusqu’à quand ?
La réponse est empreinte d’un idéalisme béat : d’ici 5 ans, on ne parlera plus d’AP, la différenciation sera entrée dans les mœurs pédagogiques. Et l’on nous sert la vieille rengaine du retard des professeurs du secondaire sur ceux du 1er degré qui pratiquent depuis longtemps – avec le succès que l’on sait…- cette différenciation. Et l’on nous invite à aller observer les maîtres RASED, qui pourront nous montrer les bonnes pratiques, même si, les intervenants le reconnaissent, ils travaillent avec de tout petits groupes d’élèves, voire avec un seul élève à la fois.

Atelier 3 : Le cycle 3
L’intervenant tente de mettre au travail des professeurs majoritairement récalcitrants en proposant de répondre en binôme à des questions sur ce qui se pratique dans les différents établissements autour de la liaison école-collège. Après 10 mn de flottement, où chacun bavarde avec son voisin (situation bien connue des enseignants), personne ne propose la moindre réponse. A l’image de ce qui se passe de pire dans nos cours, l’intervenant fouette notre orgueil à coups de « vous ne faites rien, alors, dans votre collège ? », « personne ici n’a jamais entendu parler de PPRE, de PAP… ? ». Puis, face à notre inertie, il répond lui-même à ses questions.
S’ensuit un long monologue de langue de bois vantant l’école de la bienveillance qui doit « réassurer » les élèves (mais pas les professeurs). Où l’on apprend que les problèmes de classeur et de fluo sont fondamentaux. Où l’on assiste, partagé entre désespoir et hilarité, à un véritable attentat contre la langue française, à coups de néologismes : parcours « curriculaire », « spiralaire », programme « soclé »… Où l’on découvre qu’une nouvelle instance vient s’ajouter à toutes les autres pour faire la liaison CM2-6e. Où l’on obtient la réponse à toutes les questions que l’on ne se pose pas. Où toutes celles qui sont posées restent sans réponse.

Une des ambitions de la réforme est de répondre au manque de motivation des élèves. Les formateurs avaient face à eux des troupes largement non-motivées. Malgré leur connaissance fine de la réforme, les outils leur ont pourtant manqué (eh oui ! un powerpoint ne fait pas tout…).

Les professeurs dans leur grande majorité ressortent de la formation anéantis devant l’usine à gaz qui se prépare, la charge de travail et les dissensions entre collègues des différentes disciplines qu’elle va induire. Et tout cela pour quoi ?

Formations du 3 novembre : un florilège

Compte rendu de la formation « réforme du collège » du 03 novembre 2015, Collège Jean-Jacques Rousseau, Tassin-La-Demi-Lune.
Collèges de Tassin, Craponne, Ecully, Lentilly et Les Battières à Lyon :

Devant le collège Jean-Jacques Rousseau à Tassin-la-demi-lune, les enseignants arrivent progressivement et se regroupent. A l’initiative du collège de Craponne, les collègues ont apporté des dossards portant la mention « Non à la réforme ». La principale essaye de faire rentrer les personnels en les orientant vers le foyer « où les attend un café ».
Au foyer, une tribune est installée avec un parterre de chaises (mais pas de table pour écrire). Les intervenants jaugent les professeurs qui arrivent peu à peu.
Ils sont 6 : l’IA-DASEN en personne, deux IPR , un IEN, une principale de l’Ouest lyonnais et une professeure formatrice. Le matériel est prêt pour faire travailler les professeurs en ateliers.
La principale du collège JJ Rousseau invite les participants à s’installer.

L’IA-DASEN commence par noter qu’il n’est pas aveugle et qu’il voit bien les nombreuses pancartes et affiches qui s’opposent à la réforme. Il remercie les participants d’être venus et espère qu’à la fin de ce stage il verra moins d’opposants.
Deux professeurs se lèvent (on leur demande de se présenter) et rappellent qu’on leur a ordonné de venir. Ils sont présents mais pas volontaires.

Les intervenants expliquent le déroulement de la journée à partir d’un powerpoint, qui tout au long du stage semblera leur servir de bouée de sauvetage. Ils expliquent que beaucoup d’informations et de rumeurs ont circulé sur la réforme et que ce stage voulu par la rectrice permettra de mettre les choses au point.
Les professeurs répondent qu’ils n’ont pas attendu ce stage pour s’informer et qu’ils ont lu et travaillé en amont.
Les intervenants dressent d’abord un bilan sombre du collège aujourd’hui. S’appuyant sur une citation d’Eduscol, l’IPR rappelle que l’école doit transmettre les valeurs de la République, et citant un IG il explique que l’école aujourd’hui est créatrice d’inégalités. Suit un inventaire à la Prévert de tous les maux de l’école : 25% des élèves arrivent au collège avec de graves difficultés, la France décroche dans les classements internationaux, l’école ne réduit pas les inégalités, l’école laisse sur le bord du chemin nombre d’élèves sans diplômes, le brevet n’est obtenu « que » par 85% des élèves.
Un professeur remarque que les mots, le ministère n’en manque pas, mais quand il s’agit de transmettre les valeurs de la république, il supprime l’éducation civique pour la remplacer par une usine à gaz incompréhensible.
Les intervenants concluent de ce bilan la nécessité de la réforme voulue par « le législateur ». Ce sera un leitmotiv tout au long du stage : « le législateur », « le politique », « les décideurs », « les autorités ». Cette entité abstraite semble omnisciente et totalement extérieure au contexte. Elle n’a pas à être remise en cause.
Les intervenants expliquent que ce qui manque le plus aux élèves c’est « le sens » et que cette réforme va apporter du sens grâce à la pédagogie de projet et au croisement des disciplines. Les professeurs se demandent pourquoi les élèves seraient soudainement plus intéressés s’ils avaient en face d’eux 2 professeurs de 2 matières différentes. Certains collègues pratiquant au quotidien cette méthode observent que ce sont toujours les mêmes élèves qui s’investissent dans les projets, ceux qui ne rencontrent pas de difficultés.
Les intervenants mettent en perspective cette réforme qui s’inscrit après celle du primaire et du Lycée. L’IEN vante les mérites de la réforme des rythmes scolaires qui a « donné une matinée de plus aux élèves » et se félicite des résultats sur le terrain d’après sa circonscription. Les professeurs réagissent vivement : cette réforme est un fiasco et elle a fait le succès des écoles privées sous contrat. On note que même le maire de Lyon met ses enfants dans le privé. Les professeurs soulignent que la réforme du collège va favoriser une fois encore le privé et, au lieu de les diminuer, va accroître les inégalités. Ils protestent contre le nivellement par le bas.
L’IPR note que « le politique » choisit de maintenir un enseignement privé et que cela ne se discute pas.
Les intervenants sont régulièrement dépassés par les questions des participants. Ils répondent la plupart du temps par des « on y reviendra », « on va en parler », « c’est l’objet d’un prochain stage », etc.
Ils tentent de se raccrocher à leur powerpoint pour avancer dans leur démonstration.

Ils expliquent la philosophie du nouveau collège. Il s’agit d’un organigramme truffé de novlangue du ministère : « s’appuyer sur les acteurs », « encourager les initiatives locales », etc. que l’intervenante nous lit péniblement sans aller au-delà de ce qui est écrit (il est toujours difficile de développer les discours creux). Elle nous répète que la réforme ne va pas bouleverser notre travail : « Ce n’est qu’à la marge », « ce n’est que reconnaître, mettre des mots sur ce que vous faites déjà ». Tout le discours est schizophrénique : tout va changer/rien ne change vraiment ; vous faites un travail remarquable/les élèves sont en échec ; vous vous investissez/cette réforme va vous permettre de vous investir.
Les professeurs remarquent que la réforme part du principe que les enseignants sont impliqués et volontaires, ce qui est loin d’être le cas. Un professeur interpelle les intervenants leur demandant pourquoi le ministère refuse de discuter et de rencontrer l’intersyndicale depuis 2 mois.
A la remarque d’un professeur sur la charge de travail que va constituer la mise en place conjointe de l’AP, des EPI, des conseils de cycle et des nouveaux programmes sur les 4 niveaux en même temps, tout cela sans rémunération ni temps de concertation prévus, il est répondu que c’est à cela que sert cette formation et que nous aurons 2 jours de stage sur les nouveaux programmes en fin d’année ; il est précisé d’un ton qui se veut rassurant que les IPR seront « à nos côtés » et « ne nous laisseront pas tomber ».

Les intervenants en arrivent à l’architecture du nouveau collège : un tronc commun, des EPI et de l’AP.
L’AP permettra de faire des groupes de besoin (précision : à l’intérieur du groupe-classe au complet). On nous explique que c’est une des clés de la réussite : nous allons pouvoir sur des compétences identifier la « racine » des difficultés des élèves et y répondre de manière personnalisée. Nous répondons que nous faisons déjà cela en classe dans le cadre de nos disciplines, et qu’on nous parle de pédagogie différenciée dans des classes de 30 élèves.
Pour illustrer l’AP, on nous explique ainsi que (sic) pendant le cycle piscine le professeur d’EPS s’occupera des élèves ne sachant pas nager, les autres pouvant s’occuper seuls…
Pour les intervenants, nous avons là la solution aux problèmes de l’éducation. On leur fait remarquer que l’AP au Lycée ne fonctionne pas. L’IPR le reconnaît.
Puis les intervenants décrivent les modalités de cette architecture : à les entendre, il n’y a que du plus : des heures en plus pour l’AP, des heures en plus pour la « co-animation « qui résout bien des problèmes », des heures en plus pour les groupes, le tout « au choix des établissements ». Les questions fusent. Les chiffres sont explicitement faux et les intervenants finissent par admettre que ce sont bien des heures prises sur les disciplines et le programme. « Mais le programme n’est pas l’essentiel », nous dit l’IPR. « c’est une révolution copernicienne », « maintenant c’est l’élève qui est au centre, plus le programme ».
Dorénavant ce qui va primer, c’est le socle. Le programme d’ailleurs a été « soclé » (sic). Et l’on répond aux objections des collègues concernant les attendus en classe de Seconde que la réussite au Lycée n’est absolument pas l’objectif du Collège.
Les intervenants vantent la liaison CM2-6e. Une professeure qui assure cette liaison depuis des années explique que c’est très compliqué de le faire malgré la bonne volonté des enseignants et se demande comment cela peut être généralisé. On lui répond « qu’il faudra du temps », « il faudra y travailler ». Quid des moyens et des emplois du temps ? « Il faudra regarder ».
Toutes les questions concrètes des enseignants sont renvoyées à ce « il faudra y travailler », il faudra du temps », « cela ne se fera pas en un jour », « nous comptons sur votre investissement ». Les professeurs s’inquiètent donc du fait que l’on ne sait pas où l’on va mais que l’on y va en courant.
Un professeur explique que l’AP au primaire n’a rien à voir avec ce qui est proposé ici. Comment faire un lien ?

Les intervenants en viennent aux langues. Là encore, la réforme lave plus blanc : c’est une chance pour tous les élèves. Les professeurs de langues au contraire sont très inquiets. La perte des classes bilangues et des classes européennes, ainsi que le renvoi d’une initiation aux langues anciennes à l’intérieur des EPI et enseignements complémentaires (en concurrence donc avec les autres disciplines, les groupes de sciences etc.) est une catastrophe et un cadeau pour le privé. L’IPR répond que les parents qui voudront une option bilangue ou LCA dans le privé devront payer. Les professeurs pointent donc l’évidente réduction des inégalités…

Les enseignants notent qu’ils ne sont pas en soi contre l’interdisciplinarité et la pédagogie de projet qu’ils ont tous pratiquées à un moment, mais qu’ils ne comprennent pas pourquoi cela se fait aux dépens des disciplines et de manière contrainte. Ils demandent pourquoi cette réforme se fait à moyens constants. L’IPR s’insurge : « on ne va pas augmenter les impôts ! ».

Le planning n’est pas respecté. Les intervenants avaient prévu des ateliers « mais sans restitution ». Les questions multiples n’ont pas trouvé de réponses.
A la sonnerie de midi, les intervenants donnent rendez-vous aux professeurs pour les prochaines dates qui « donneront lieu à des ateliers ».
A la sortie, les enseignants même les moins hostiles à la réforme sont décontenancés, mesurant les conséquences désastreuses de sa mise en œuvre et l’impréparation de la hiérarchie elle-même, incapable de pédagogie à son sujet. La colère et le sentiment d’avoir perdu son temps dominent chez la majorité des collègues.

Formation Montrevel :

La grande majorité des collègues semblaient contre la réforme ou en tout cas étaient très inquiets sur les conditions de sa mise en œuvre. Beaucoup de questions ont été posées en plénière, ce qui fait que le diaporama de présentation de la réforme n’a pas pu être présenté en plein. Beaucoup de questions aussi dans l’atelier dans lequel j’étais. Pas de temps pour la synthèse flash initialement prévue.
Les personnes présentes : une chef d’établissement, une formatrice d’HG, un IPR de lettres, une IPR d’éducation Musicale et une IEN du 1er degré ne semblaient pas tous très au clair avec la réforme et pas tous très convaincus (sauf peut-être l’IPR de musique).

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Le discours global qui voulait être tenu était : il s’agit avant tout d’une réforme pédagogique et non une vision de la gestion des moyens. Ce n’est pas la structure qui est importante (je crois que tous se rendent bien compte que c’est une usine à gaz !!!) mais l’objectif pédagogique que l’on poursuit au travers de cette réforme. Il ne s’agit pas de faire de cette formation une « évangélisation » descendante des troupes. Il faut s’appuyer sur les pratiques existantes.

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Quelques réponses qui nous ont été données et qui montrent toute la confusion autour de cette réforme :

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L’IPR de lettres dit « les 3 heures d’AP en 6e ne seront pas prises sur les heures d’enseignement », correction immédiate de la part de sa collègue« Ah si ! ».

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Problème des élèves en 5e actuellement qui n’auront que 5h de LV2 au lieu des 7,5h prévues par la réforme. Réponse gênée des inspecteurs : « le ministère est en train de travailler sur cette question pour accompagner la transition... », réponse de la chef d’établissement de Bâgé « quand il y a une réforme importante, il y a forcément des générations qui sont sacrifiées... ».

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Concernant le temps de concertation nécessaire pour le cycle 3 et la liaison école / collège ainsi que pour la mise en place des EPI. On nous renvoie au nouveau décret sur nos statuts indiquant que cela fait partie des missions liées au service d’enseignement. Suggestion de l’IPR de lettres : on peut faire comme dans certains lycées qui prennent du temps de concertation sur les heures d’AP même si l’horaire élève n’est de ce fait plus respecté !

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Sur l’équité de l’application de la réforme dans le public et le privé : les chefs d’établissements du privé annoncent qu’ils maintiendront les classes bilangues et les collègues du privé ne sont pour l’instant pas concernés par la formation (ceux que je connais m’ont dit n’avoir pour l’instant pas d’info sur une éventuelle formation). Réponse des IPR : « La Rectrice fera appliquer la réforme de la même manière dans le public et le privé, l’organisme de formation des enseignants du privé est différent mais ils auront aussi une formation ».

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Sur le problème des manuels scolaires. Réponse des IPR : « Un renouvellement est prévu en 2 vagues, une en 2016 pour les disciplines ayant des changements de programme les plus importants, et une seconde en 2017 ».

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Pour le maintien des groupes en sciences, le dédoublement en AP, la co-animation (solution proposée pour compléter le service des collègues d’allemand !!!), le maintien du latin et du grec, la mise en place des EPI, les problèmes d’EDT : tout ça est renvoyé à l’autonomie des établissements et aux fameuses dotations de 2,45h supplémentaires par division en 2016 et 3h les années suivantes. On a beau répéter que ça ne sera mathématiquement pas suffisant mais on nous répond que ça représente un nombre important d’heures et une marge de manœuvre considérable. On nous a garanti que les DHG à structure équivalente ne baisseraient pas.

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Sur de nombreuses questions pratiques des collègues, les réponses sont restées vagues, « nous n’avons pas encore toutes les informations... », « le ministère travaille sur ces questions... ».
Pour résumer : On n’en sait rien mais ne vous inquiétez pas car on compte sur vous et votre créativité pédagogique !!!

Formation à la CSI (collèges Clemenceau, G. Philippe, CSI) :

Après un diaporama sur l’ensemble des réformes de l’Éducation nationale depuis 1975 (afin de nous convaincre que l’actuelle du collège est de la même nature que la loi Haby ou la loi d’orientation de 1989 !), nous avons été culpabilisés par des chiffres sur les conseils de discipline de l’académie qui indiqueraient que nous ne savons pas gérer hétérogénéité (dixit les 2 IEN, 2 IPR et un collègue formateurs), ce qui est faux s’il fallait le rappeler. Ensuite nous avons été placés en groupes – sans avoir eu la moindre information sur la réforme – afin de remplir une fiche sur les « représentations que chacun se fait de la réforme à propos de l’élève, de la pratique professionnelle et du travail en équipe ». Les formateurs ont alors synthétisé les questions et tenté d’y répondre.
Tenté car ils nous ont expliqué qu’ils étaient la veille encore au Rectorat dans une réunion avec la Rectrice pour essayer de débroussailler des aspects techniques qu’ils ne maîtrisaient pas. Tenté car certaines questions auront des réponses la semaine prochaine, lors du jour 2. Tenté, enfin, car quelques collègues sont intervenus pour contester des points et non des moindres comme « avec la réforme, il y aura plus de bilangues » (mensonge 1) ou « avec la réforme des réunions se feront le soir grâce aux nouveaux statuts » (mensonge 2).
D’autres questions, très pratiques, n’ont pas trouvé de réponse non plus : comment faire un EPI langue-histoire en langue étrangère, sans renier l’exposition à la langue des élèves et sans un collègue qui ne maîtrise pas la langue étrangère en question ? Quels horaires et quelle mise en place de l’AP, au vu des horaires consacrés ? Comment réaliser le programme en sciences, s’il ne reste qu’une demie-heure puisqu’une heure est prise pour un EPI ? Etc.
Pour faire face à cette « contestation », par chance, les inspecteurs-trices devenu-es mutiques, étaient épaulés d’un collègue véritable animateur de télé, courant dans les rangs de la salle, micro à la main, prêt à défendre la réforme, même sur l’indéfendable et sur des points non statutaires, qu’il a fallu sans cesse lui rappeler… Il nous a même parler en anglais pour montrer sa polyvalence !
A l’issue de cette « formation », de nombreux-ses collègues ont eu des expressions comme « ubuesque », « plaisanterie », « de qui se moque-t-on » car, même s’ils-elles ne sont pas toujours intervenu-es, il était vraiment difficile de ne pas se sentir déconcerté-es par tant d’improvisation !
Enfin, cerise sur le gâteau, les collègues doivent être au point sur le nouveau socle et les nouveaux programmes pour le jour 2 de formation (la semaine prochaine et sans formation disciplinaire entre temps) car il est prévu de les faire travailler en groupes sur les EPI ! Bref, que les collègues fassent ce que l’administration ne fait pas ! Résistance et résistance passive sont donc les maîtres-mots pour la suite !

Belley :

Pas fait d’ateliers. Uniquement échange direct et morceau de diaporama.

Formateurs : 1 IPR 1er degré, 1 IPR de vie scolaire, 1 IPR de sport co-doyen des IPR, Principal d’Hauteville, 1 formateur académique prof d’H-G.

Nous sommes des personnels fantastiques, tellement compétents, des ingénieurs de l’éducation (… sans la paye d’ingénieur !), des équipes tellement dynamiques et responsables, que cela ne nous posera aucun problème de mener cette réforme tellement géniale ! Brosse à reluire, quand tu nous tiens…

Discours très contradictoire : le collège unique ne fonctionne pas car 150 000 élèves quittent le système sans diplôme. Mais c’est parce qu’il n’est pas encore assez unique ! Unique vers le bas ?

On tire vers le haut quand on propose une LV2 en 5e. Donc les bilangues n’ont plus de raison d’exister. D’autant plus que ces options créaient un « entre soi » des élites (oui, oui. Cela a bel et bien été dit avec ces mots.). Donc de l’inégalité. Donc la réforme redonne de l’égalité.

Les EPI ne sont pas des IDD au rabais. Bon, d’accord, il n’y aura pas de budget pour les réalisations (obligatoire, non ?) ou des sorties.

D’ailleurs, 80% des budgets pédagogique sont accaparés par les voyages à l’étranger et pas par des sorties proches. Il faut donc arrêter les voyages pour pouvoir financer les réalisations d’EPI ?

Le travail en équipe est chronophage ? Mais noooon ! En écosse, ils ont très bien réussi leur « révolution » sans se rajouter de travail.

D’ailleurs, aucun souci, plusieurs stages sont prévus entre les CM et les profs de 6è avec remplacements par les collègues. Si j’ai bien entendu, 18h de réunionite sont déjà prévus.

Et bien sur, il va falloir vous mettre d’accord entre vous sur la répartition du cycle 4 sur les 3 ans, mais cela ne vous demandera pas de temps de concertation.

Et puis, la mise en place des 4 ans d’un coup, pas de problème !!! On ne vous demande pas d’étre au point la première année, d’ailleurs en primaire, le travail par cycle est à peine mis en place en 8 ans. Donc pas de panique !

Les EPI à inventer, pas chronophage, voyons ! C’est un cours mais d’une autre façon. Donc pas de recherche à faire, de contenu ou d’activités, expériences, etc…. la preuve ? Aucune compensation financière n’est prévue.

Bon, finalement, OK, vous allez en baver les premiers temps mais ça ira mieux ensuite….

La dHG, pas de stress ! Vous risquez même d’avoir plus d’h qu’avant. Bon… sauf là où il y avait des classes bilangues ou euro.

D’ailleurs les +3h accordées par classe suffiront pour : les groupes en sc/techno, les groupes d’AP, les projets, les co-interventions, etc...

Les élèves qui déménagent ? No problem ! Personnalisation ne veut pas dire individualisation !

Nouveau brevet : HdA disparait. Ce sera fait en EPI (tout ça pour ça…). Une note oral EPI (mais si l’EPI est un cours du programme comme les autres, il est donc déjà évalué dans le contrôle continu ?) Plus que 2 épreuves écrites : mixage Français, HG, EMC et math, techno, sciences. Points bonus pour les EC autres.

Il y aura toujours des notes mais ce sera le livret de compétences le plus important : Les notes, c’est statique, ce n’est pas dynamique.

Mais bien sur, le privé a obligation de se plier à la réforme et dès l’année prochaine, comme nous. Les formations ne seront pas assurées par la DAFOP mais par un autre organisme du privé. Bon. Ils ont pris du retard mais cela va se faire.

Pour les SEGPA : une « préorientation » en 6e. Les élèves seront en classe normale mais avec des AP supplémentaires. (Pas clair : dans la limite des 26h/semaine ?) Cycle 4 : système actuel maintenu.

3e prépapro : 3e normale à 26h + 6h d’EPI spécialisés

Pourquoi les éditeurs des livres ont-ils un délai de 2 ans pour fournir et nous, on doit être opérationnel en 1 an ? Réponse : « je ne sais pas ». Ce seront des livres de cycles donc 1 seul bouquin pour 3 ans.

Conclusions : tu n’es pas seul. Il faut laisser le temps au temps, tu vas y arriver, tu es tellement formidable et cette réforme est tellement géniale.

Formation à Chatillon ( formation des collègues de Châtillon, Péronnas, St Denis et Vonnas)

Ambiance assez lourde ici, avec des collègues qui semblent très majoritairement opposés ou au moins inquiets...

Réunion assez bien menée (tout seul...), il faut le dire, par un IPR

  • nous avons dit d’emblée que nous ne souhaitions pas être là, que nous l’avions dit par des courriers individuels (une vingtaine au total, sur 28 profs) adressés à la Rectrice, dont nous lui avons remis une liasse de copies ; mais que nous étions là, et que nous avions longuement préparé cette journée, car en tant que fonctionnaires d’Etat, nous, comme les 80% d’enseignants opposés à cette réforme (je n’ai pas été repris sur ce chiffre que j’ai pourtant dit 2 fois), étions très soucieux de la qualité du service, qui allait être dégradé par cette réforme.
  • avant le départ en « ateliers » dans des petites salles, nous avons précisé qu’il était hors de question que nous y participions, et que nous resterions dans la salle principale... et toute la délégation de Vonnas est restée assise... mais pas plus, aucun autre collègue n’est resté (on est définitivement black-listés... mais espérons que tout cela est remonté jusqu’aux oreilles de la Rectrice).

Pas de menace explicite, mais plutôt un « dont acte ». Visiblement, les IPR avaient été briefés pour nous caresser dans le sens du poil... Malgré tout, de nombreuses interventions, même si nous n’avons pu aborder qu’une infime partie de nos « questions qui fâchaient ». D’ailleurs, sur toutes les questions concrètes de mise en place pratique, bottage en touche systématique : « vous le verrez pendant les ateliers » ; « vous le verrez dans les ateliers de dans 2 semaines » ; vous le verrez lors des formations in situ" etc... L’IPR qui animait ne s’est pas hasardé à dire n’importe quoi, il a tout soigneusement éludé.

Pas de scoop ni de déclarations délirantes, mais beaucoup d’enfumage. Un point cependant : les principaux sont tous persuadés qu’il auront, en plus des 26+3 heures, une « dotation supplémentaire » !!! De but en blanc, on ne voit pas comment (à recalculer, en comparaison des DHG actuelles, peut-être qu’on se trompe), mais c’est « ce qu’on leur a promis »... Ici non plus, les « institutionnels » n’avaient pas l’air très convaincus de ce qu’ils racontaient...

Pour la journée complète du 17 novembre, nous n’avons pas encore décidé de stratégie commune. Peut-être à nouveau présence « active » lors des pleinières, et nouveau boycott des ateliers. Mais ce n’est pas encore arrêté.

Collège Lassagne ( formation des collègues de Miribel, Neuville, Fontaines et Caluire) : une formation qui s’est très mal passée.

L’administration a voulu présenter son powerpoint-propagande sur la réforme, mais n’a même pas pu aller jusqu’au bout.

Les questions des collègues, leurs inquiétudes, leur incompréhension, leur colère...se sont alors exprimées à fond, parfois même avec agressivité.

L’ensemble des questions des collègues a porté sur la mise en place technique de cette réforme, sur ses aspects chronophages et « irréalisables »....

En bref, c’était prévu, c’était écrit, l’administration a essayé de nous servir sa soupe, les collègues ne l’ont pas trouvé bonne et se sont emparés de la réunion pour s’exprimer

L’administration a semblé quelque peu déconcertée pour ne pas dire plus. Un grand moment de démocratie…


Formation à Reyrieux

Environ 95 % (au moins) des collègues opposés à cette réforme dans cette formation.

Les points négatifs soulevés :

  • pb horaires de sciences pas répartis en 6e
  • gros pb : comment faire tout ça avec des classe à 30 ?
  • gros pb d’énorme surcharge de travail
  • gros pb d’abandon des connaissances : le socle s’appelle de connaissances … mais on a bien compris que ce sont les compétences qui seraient prioritaires
  • pb de changer tous les programmes la même année : qu’en est-il des élèves qui ont commencé le collège, à cheval sur deux systèmes de fonctionnement
  • pb de la diminution des horaires des matières
  • gros pb de qualité du travail, étant donné le travail demandé l’an prochain, ce travail pourra-t-il être de qualité ?
  • pb pour les manuels : les inspecteurs ne savent rien encore à ce propos, la ministre a dit qu’il y aurait les moyens pour tout acheter l’année prochaine
  • Bulletins intégrant les compétences : on nous a dit qu’elles ne seraient à cocher qu’au troisième trimestre à raison de 8 cases par élèves (multiplié par 250 ou 300 élèves …)
  • on ne connaît pas encore les programmes → on nous a dit qu’ils arriveraient en mars prochain
  • difficultés de concertation avec les écoles (on nous a annoncé qu’il était prévu 18 heures de concertation sur l’année pour que nous puissions faire des progressions communes avec le primaire …
  • perte de liberté pédagogique : ce qui sera enseigné en 6e sera décidé en partie par les collègues de primaire, et visé par l’inspecteur du primaire
  • on nous demande d’organiser dans notre établissement la réforme, mais bien sûr si cela ne fonctionne pas, ce sera de notre responsabilité
  • langues (bilangues) et latin : les élèves qui peuvent aller plus loin ne le pourront plus → réforme inégalitaire alors qu’elle est annoncée égalitaire → élèves partiront dans le privé où des enseignements supplémentaires peuvent être organisés en plus de la réforme prévue, payé par les parents → inégalitaire → antirépublicaine
  • pb de cohérence pour les élèves qui changent d’établissement,
  • en langue, on sait qu’il faut au minimum 3 h d’enseignement, moins sont prévus
  • si l’horaire est diminué, c’est pour des raisons d’économie
  • Est-ce que vous considérez la voie pro comme un échec (on a commencé la séance par l’énoncé du fait que seules les enfants des milieux favorisés arrivant aux bacs généraux

A noter qu’à la 1re question d’une prof de lettres classiques qui parle de la disparition du latin, très grande agressivité de l’IPR.
Intervention d’une chef d’établissement qui dit au contraire ouvertement ses doutes sur la réussite de la mise en place de la réforme tout en se disant d’accord avec le bilan de l’échec scolaire global.
Finalement il n’y a pas d’atelier où on bosserait car les profs disent ne pas comprendre la réforme. Ah bon, disent les chefs, on pensait que ça avait été préparé en amont ? NON. Donc présentation de la réforme au vidéoprojecteur à la place de l’atelier.
Plein de questions des profs, ça râle sec …. Les réponses : vous êtes des ingénieurs ! Vous devez appliquer la réforme car vous êtes des fonctionnaires, les EPI seront au choix du bahut, ce sera de la cuisine interne.
( Il y aura donc compétition entre les matières par exemple à l’encontre du latin ….)
Un prof parle de l’aspect chronophage de la mise en place de la réforme et du pb de l’application du décret Hamon sur le changement de statut des profs (obligation des réunions, etc ….)
A 11h40, un prof dit qu’il appliquera la réforme (car c’est obligatoire) mais à minima et avec le même mépris que l’Education Nationale le traite (en fin de carrière toujours à cheval sur 2 bahuts). Il est applaudi.
Réponse : c’est bien dommage. Point.
Intervention d’un prof sur le refus du ministère de discuter après le 17 octobre, rappel que le privé va utiliser le marché du nivellement par le bas et va ouvrir des filières d’excellence. Les profs n’ont pas été consultés sur la réforme, seulement sur les programmes.
Réponse : le privé sera obligé d’appliquer la réforme mais communique mieux que le public. Le but de la réforme est de monter le niveau et non le nivellement par le bas.
Un prof fait la remarque que les profs du supérieur se plaignent de la baisse de niveau des bacheliers. Réponse : ce sera mieux après.
Et les bons élèves ? Ils resteront bons grâce à l’AP .
En classe entière ? Mais non !!!!!!
Et la disparition des heures pour l’aide aux devoirs ? Ce sera seulement pour les élèves en très grande difficulté.

Formation au collège Valdo (Vaux)

Un discours idéologique : très bonne réforme qui est globale, qui lutte contre les inégalités... Le collège actuel a échoué car il est « trop rigide dans son organisation ». La formation des enseignants est trop théorique, le socle n’est pas compris, l’hétérogénéité des élèves n’est pas suffisamment prise en compte. Les programmes sont lourds et cloisonnés. Ce fut donc une belle séance de bourrage de crâne dont on peut se demander à qui elle était destinée ! À l’institution qui doit se rassurer ? Se persuader du bien fondé de la réforme ?
Ce qui a provoqué le plus de remous c’est la découverte des grilles horaires : 26 heures par division dont 4 pour les AP/EPI. Les collègues ont compris malgré les efforts de l’ipr de svt et de son diaporama qu’ils allaient énormément y perdre. De même pour les bilangues, le découpage svt/Sc PHys/Techno....surtout lorsqu’elle a voulu nous faire avaler qu’on y gagnait énormément grâce à l’autonomie accrue. « C’est pas grave si vous avez une heure de moins car les élèves feront leur apprentissage disciplinaire autrement ». À chaque question précise, les intervenants ont été en difficulté pour répondre et ont systématiquement renvoyé soit aux prochaines réunions de formation soit à l’organisation dans chaque établissement et en particulier au conseil pédagogique. Beaucoup ont surtout tapoté sur leur téléphone, corrigé leur copie, préparé leur cours...

Corbas :

Les présents : 6 « officiels » (IA adjoint, 2 IPR, 1 IEN, 1 chef d’établissement, 1 formateur académique) + 40/50 profs de 4 collèges différents + un powerpoint

Propos liminaires de l’IA adjoint qui précise qu’il est le porte parole de La Rectrice qui attache une grande importance à la réforme doublée d’une formation ; cette réforme est le volet qui parachève la refonte de l’école primaire ; pour la première fois il existe un projet éducatif cohérent et continu de 6 à 16 ans ; 2 enjeux capitaux : l’efficacité et l’équité, les évaluations internationales ne sont pas bonnes, 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification et sont principalement issus des classes sociales défavorisées, il faut faire baisser ce chiffre et la réforme est la solution pour faire face à ce défi.

Le powerpoint présente ensuite inlassablement la réforme.
Beaucoup de questions à propos des moyens ; réponses classiques, la France met les moyens mais c’est leur gestion qui est problématique …

Le climat est de plus en plus tendu avec de nombreuses questions sur les EPI, le latin, les liens programmes-EPI, les moyens. Seule réponse : il faut changer les manières de faire classe.

Sur les horaires, l’IPR précise qu’il faut se poser la question : comment je m’adapte dans ma discipline avec ce que je donne au pot commun AP et EPI ?

Question d’une collègue « Si il n’y a pas de volontaires pour les EPI ? »
Réponse de l’IPR : Vous êtes fonctionnaire !

Beaucoup de confusions, d’hésitations, un ton agressif au point que des collègues ont fait remarquer que nous n’étions pas des élèves. Personne n’a été dupe, on essayait vainement de nous vendre une réforme sans rien nous offrir, sans être capable de nous raconter une histoire qui aurait pu nous séduire, nous emballer, nous faire oublier les difficultés qui s’annoncent

Oyonnax :

De nombreux collègues ont pris la parole pour dénoncer la réforme et ont refusé de faire l’atelier proposé, préférant continuer de poser des questions. Les réponses de l’IPR présente ont été visiblement assez vagues la plupart du temps, du genre « ne paniquez pas tout de suite, c’est normal la réforme n’est pas encore bien ficelée », « on comprend votre inquiétude » , et certaines questions ont été carrément éludées (notamment une question pour savoir ce qu’il en était dans le privé, à savoir s’ils vont bien comme cela semble être le cas se récupérer des options qui vont disparaître ailleurs).

Montréal-la-Cluse :

Même constat et à peu près mêmes questions qu’ailleurs : plusieurs collègues très remontés contre la réforme ont pris la parole dès le tout début de la présentation et ont bien joué le jeu des questions, beaucoup de collègues exaspérés par la présentation... Quelques collègues tout de même soucieux d’essayer de suivre la formation et d’essayer de ne pas tout voir en négatif... quelques collègues qui ne s’étaient pas renseignés sur la réforme avant la formation... quelques collègues qui avaient au moins envie d’essayer... Mais dans l’ensemble, majorité contre et désireux de le montrer.

Les formatrices ont (presque) réussi à garder leur calme jusqu’au bout face aux « questions qui fâchent », bien préparées... mais tout de même deux ou trois gros silences devant nos questions et un peu d’énervement à la fin face à notre mauvaise volonté.

Pas d’ateliers (trop de questions lors de la présentation, qui du coup a pris les 3h !).

Une réponse des formatrices que je n’ai pas encore lue dans les autres compte-rendus, concernant une question sur le changement de programme, et donc, de manuels scolaires... : « On peut bien construire une séquence sans manuel... c’est ce qui se fait en langues depuis des années »...

Et comme réponse à une demande d’aide « concrète » concernant les idées et la mise en œuvre : « Vous êtes des intellectuels, des gens intelligents, on ne va quand même pas vous donner des modèles de cours »...

Sinon, même questions et mêmes réponses qu’ailleurs.

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La mise en place du plan de formation « formatage » par le rectorat

Vous trouverez ci-dessous les documents concernant l’organisation de la formation telle que le rectorat entend la mettre en place dans notre académie (notamment le calendrier du 1er trimestre et les regroupements d’établissements par bassin de formation).

En résumé :
— 2 jours pour l’ensemble des collègues de collège, répartis sur trois jours (une demi journée / une journée / une demi journée)
En trois vagues successives au 1er trimestre (avant mi janvier)
1/3 des collègues de chaque établissement regroupé par bassin (voir document)
— 2 demi journées en établissement organisées sur la période mars-avril
En utilisant les deux demi journées prévues par le nouveau calendrier scolaire
— 2 jours sur les nouveaux programmes des cycles 3 et 4 organisés au 3è trimestre

Attention aux discours des chefs d’établissement qui cherchent à imposer un remplacement en interne des collègues convoqués aux « formations » : il n’y a aucune obligation à rattraper les cours ou à remplacer les collègues partis en formation … La lettre de la rectrice adressée aux chefs d’établissement (ci-dessous) et la réponse du secrétaire général à notre interpellation lors de l’audience du 17 septembre (à lire ici http://www.lyon.snes.edu/spip/spip.... ) sont très claires

Documents réservés aux adhérents
Courrier de la rectrice Regroupement d’établissements par bassin Calendrier de formation

Comment agir face à cette mise en place à marche forcée d’une formation qui n’en est pas une !

Nous avons dénoncé dès l’audience cette anticipation de la réforme que nous combattons. Les enseignants n’ont pas besoin d’une formation pour bien comprendre la réforme, nous l’avons comprise et c’est bien pour cela que nous la rejetons !

Ne pas aller à la formation ?

Comme pour les autres formations, on est tenus d’y aller quand on est convoqués (ordre de mission), rien ne garantit donc que le rectorat ne demande pas un retrait sur salaire. Par ailleurs, assurer ses cours alors qu’on est convoqué à une formation pourrait être reproché dans la manière de servir (sanction ensuite sur la note administrative par exemple). Toute réponse doit donc être, de ce point de vue, collective et réfléchie en amont, c’est pourquoi l’intersyndicale académique a fait ce communiqué qui peut servir de base à une prise de position collective : http://www.lyon.snes.edu/spip/IMG/p...

Nous déposerons par ailleurs un préavis de grève pour couvrir tous les collègues qui ne se rendraient pas aux journées de formation.

Refuser le « formatage »
Plutôt que « la chaise vide », il est possible de se saisir de ces formations pour montrer toutes les incohérences de la réforme et surtout l’impossibilité de la mettre en place !

La résistance passive

Les chefs d’établissement sont en train de se rendre compte que la réforme (très éloignée de la réalité du terrain) est impossible à mettre en place concrètement dans les établissements : ne leur donnons aucun coup de main pour mettre en place une réforme que nous rejetons ! Refusons de faire des propositions, de remplir des fiches de projets …

En formation, les formateurs vont nous demander de faire à la place de l’administration, de proposer des EPI : surtout il faut y mettre un maximum de mauvaise volonté, ne pas créer des EPI intéressants … là encore, inutile de faire le travail à la place de ceux qui essaient de nous « vendre » la réforme.

En formation : les questions qui dérangent
La rectrice veut faire de ces formations « des temps d’échange et de dialogue » : profitons-en pour poser les questions « simples » qui montrent que cette réforme est inapplicable !

Vous trouverez ci dessous la publication envoyée au format papier et sur laquelle nous avons recensé en pages 2 et 3 quelques « questions qui dérangent » (en accès réservé aux syndiqués par souci de ne pas donner à l’administration un temps d’avance pour préparer les réponses ...)

Publication Collège - ycée

Vous trouverez ci dessous l’appel intersyndical

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Communiqué commun formations réforme du collège





 
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