-Respect de la liberté pédagogique.
Il n’est pas question de nous imposer des dispositifs et des modalités précises (visio correspondant aux heures de cours par exemple, ou obligation faite aux élèves de rendre des travaux). Ceci relève du volontariat dans le cadre de notre liberté pédagogique.
Concernant les élèves, certains n’ont aucun équipement à leur domicile pour se connecter à l’exception de leur téléphone portable et on a vu en 2020-21 combien l’enseignement à distance accentue les inégalités scolaires et sociales.
D’autre part, beaucoup sont mobilisés : ce n’est pas notre rôle de veiller à l’assiduité des élèves « à distance » pour freiner leur engagement dans leur lutte.
-Règlementairement, rien ne nous contraint à « exercer » à distance.
Nous ne sommes pas dans une situation exceptionnelle comme durant le COVID. Il est toujours possible de mettre sur l’ENT(ou autre interface) des consignes pour réviser le cours, faire des exercices d’entraînement et conseiller des lectures, sans se mentir sur la réalité du travail qui sera réalisé.
Il ne faut pas accepter de faire l’appel lors d’une éventuelle visio. L’appel nous engage : c’est reconnaitre que les élèves présents sont bien placés sous notre responsabilité. C’est absolument impossible dans le cadre d’un enseignement à distance.
- La « continuité pédagogique », une notion sans fondement.
Depuis la crise covid, le MEN a inventé la notion très contestable de « continuité pédagogique » et a même donné consigne aux personnels de direction de se doter de « plans de continuité pédagogique » qui ne sont régis par aucun texte réglementaire. Le travail des personnels est encadré par des obligations statutaires et non par des pages Eduscol et des « guides » produits par l’administration. Aucun « plan » ne peut être imposé, qu’il s’agisse du contenu, des outils ou des modalités d’évaluation.
- Nos obligations : renseigner le cahier de textes numérique est suffisant pour mettre à disposition des ressources et donner des consignes aux élèves.
Il n’est pas question d’imposer a posteriori un rattrapage des heures de la période « en distanciel ».
Le recours au distanciel, tout comme les réponses par la force et la répression policière, montrent un gouvernement aux abois incapable de respecter l’engagement des lycéennes, donc de répondre à leurs attentes et à l’exercice de leurs droits élémentaires : droit à manifester, droit de se réunir, droit d’expression, et de préserver un contexte serein pour ces mobilisations. Mais les élèves ont aussi droit à de meilleures conditions d’étude, en présentiel, avec des moyens pour le service public d’Éducation et une autre ambition pour le second degré public, à rebours des politiques et des réformes menées depuis de trop nombreuses années.
