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Covid 19 :
Réouverture des établissements ?

Publié le : 15 mai 2020
Communiqué intersyndical (Loire)
  • mise à jour 29 avril

Oraux de francais  : Interrogé ce matin sur une chaîne d’info en continu, le Ministre de l’Education nationale a affirmé que l’oral de français était maintenu « à ce stade ». Cette déclaration est, une nouvelle fois, complètement déconnectée des réalités que vivent les professeurs de français et les élèves de 1ère entre angoisse et incertitude sur la suite de l’année scolaire, surtout après les annonces d’E.Philippe sur la réouverture des lycées. Le SNES-FSU, la CGT Educ’action, le SE-UNSA, Sud, le SGEN-CFDT, le SNALC, la FCPE et les organisations lycéennes (l’UNL et Lycéens au Centre) se sont adressés au Ministre pour demander la suppression de l’oral de français.

Courrier intersyndical
  • mise à jour 28 avril

Ouverture et déconfinement ? Le Premier Ministre a dévoilé les grandes lignes du plan de déconfinement. Pour l’Education nationale, ce sont encore de nouvelles dates, encore du flou, et toujours aucune précision sur un protocole sanitaire national. Inacceptable. La position du SNES-FSU est toujours claire : si les conditions sanitaires ne sont pas garanties, la réouverture des établissements scolaires n’est pas envisageable.
La première réaction du SNES-FSU, notamment sur la situation des collèges, le nombre d’élèves par classe, l’oral de français au bac, le cumul distanciel/présentiel etc à retrouver ici : https://twitter.com/SNESFSU/status/1255184711405768705

  • mise à jour 27 avril

Communiqués de presse
Réouverture des établissements scolaires
Le savant et le politique

  • mise à jour 14 avril

Après plusieurs jours de rumeurs, l’annonce d’Emmanuel Macron d’une réouverture progressive des établissements scolarisant les jeunes (à l’exception des universités) a clarifié le calendrier des prochaines semaines. Mais c’est bien la seule chose qui soit claire ! Aucune information précise, aucune garantie n’ont été apportées en matière de sécurité et de santé. Pour le SNES-FSU, la priorité est la santé et la sécurité des élèves et des personnels.

  • mise à jour 8 avril

Bilan de notre enquête : Continuité pédagogique et conditions de travail

Enseignant.e

Le 12 mars, Jean-Michel Blanquer déclarait que les établissements scolaires resteraient ouverts. Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron annonçait leur fermeture. Pendant sa tournée médiatique du week-end suivant le ministre de l’Education Nationale déclarait : « Tout est prêt pour l’enseignement à distance ». Au même moment, le SNES-FSU intervenait pour que la priorité soit axée sur la santé des personnels et des usagers aussi bien en demandant l’annulation des déplacements imposés et des réunions prévues dans les établissements qu’en demandant que l’accueil des enfants des soignants soit fait dans des conditions sanitaires optimales et sur la base du volontariat.

Après maintenant plus de trois semaines de fermeture des établissements scolaires, la section académique du SNES-FSU a interrogé les enseignants à propos de la « continuité pédagogique » et de leurs conditions de travail pendant cette période. Des centaines de collègues ont répondu à cette enquête (dont l’ensemble des résultats est dans le fichier présent sur cette page). Voici les éléments les plus significatifs.

Outils numériques : difficultés techniques et disparités entre les élèves

Près de 72% des collègues ont rencontré des difficultés techniques. Parmi ceux-ci, il a été proposé une assistance à moins de la moitié d’entre eux (47%). Ces difficultés étaient pour beaucoup liées aux ENT (ne pouvant supporter le nombre de connexions simultanées). Tout n’était donc pas prêt contrairement à ce qu’annonçait le ministre. L’usage du matériel personnel pour un usage professionnel pose aussi problème. Le SNES-FSU revendique une prime d’équipement pour tous les personnels de l’Education Nationale. Malgré les difficultés techniques rencontrées avec les ENT, c’est la solution privilégiée par la majorité des collègues (59,30%). D’autres collègues, se sont tournés vers des solutions privées mais fonctionnant immédiatement. Il aura fallu attendre le samedi 31 mars pour que le ministère de l’Education Nationale informe les collègues à propos de la RGPD, propose des solutions utilisables dans ce cadre et mette en avant les risques liés à l’utilisation de certaines plateformes.

Concernant les élèves n’ayant pas accès aux outils numériques, il a été proposé à plus de la moitié d’entre eux (56%) de venir récupérer des photocopies dans les établissements scolaires. Cela mettant en danger leur santé, celle de leur famille et celle des personnels. Le ministre de l’Education Nationale avait annoncé que les élèves sans matériel informatique s’en verraient prêter un. Cela n’a été proposé qu’à 45% d’entre eux. Concernant ces élèves, le dispositif choisi a mis du temps à se mettre en place et n’est toujours pas mis en place dans certains établissements. Le SNES-FSU demande que les règles de confinement soit strictement respectées et que le lien avec les élèves les plus fragiles soit maintenu via le prêt de matériel ou l’envoi de documents.

Continuité pédagogique et pressions managériales : réaffirmons notre liberté pédagogique !

Près de 91% des collègues interrogés ont évoqué la nécessité d’adapter leurs contenus ce qui s’est révélé, pour beaucoup, chronophage. Près de la moitié des collègues ont reçu des consignes de leur chef d’établissement concernant la régularité ou le contenu du travail à donner aux élèves. Si pour beaucoup, ces consignes s’apparentaient à des conseils et se sont discutées collectivement, certains collègues ont eu à faire face à des injonctions totalement inadaptées (obligation d’être connecté sur les heures de l’emploi du temps, réponse à un questionnaire en ligne chaque matin, organisation d’un bac blanc à distance…) Le SNES-FSU est intervenu, à la demande des collègues, pour faire cesser certaines pratiques inadaptées ou inacceptables. Des consignes envoyées, parfois tardivement, par les IA-IPR ont été reçues par plus de la moitié des collègues. Pendant cette période, comme pendant le reste de l’année, chaque enseignant étant concepteur de son métier, c’est bien la liberté pédagogique qui doit prévaloir aussi bien dans le contenu, la régularité du travail proposé que dans les outils numériques utilisés.

Pour près de la moitié des enseignants interrogés, il a été demandé de contacter régulièrement les familles. Les préconisations variaient selon les établissements. Certains chefs d’établissements ont constitué des listes d’appels et ont demandé aux collègues de contacter les familles au moins une fois par semaine (pour 62% des collègues concernés). Le contact avec les familles, sa fréquence et l’outil utilisé, ne peut être imposé, c’est l’enseignant qui choisit les modalités qui lui paraissent les plus appropriées dans le cadre de sa liberté pédagogique.

Près de 73% des professeurs principaux ont vu, à nouveau, leur charge de travail augmenter pendant cette période. Cette augmentation de la charge de travail s’est révélée significative pour l’ensemble des enseignants. Le SNES-FSU porte comme revendication le doublement de l’ISOE ainsi qu’une revalorisation indiciaire pour l’ensemble des personnels. Les discussions engagées à ce sujet avant le confinement devront reprendre et aboutir.

Continuité pédagogique … plutôt gestion de la discontinuité

À la « continuité pédagogique » de la communication ministérielle, près de 82% des collègues interrogés ont indiqué avoir pour objectif principal de maintenir un lien entre les élèves et l’école.

Les annonces récentes concernant les examens permettent en partie de répondre à nos inquiétudes et à celles des élèves. Même si le contrôle continu pose toujours autant problème (aussi bien cette année que dans le bac Blanquer), la situation sanitaire permettait difficilement d’envisager une autre solution. Dans ces circonstances exceptionnelles, la préoccupation principale du SNES-FSU est la santé des élèves et des personnels. La prise en compte de l’ensemble du dossier scolaire de l’élève, dans le cadre d’un jury délocalisé, permettra une harmonisation (même minimale). Concernant le DNB, des interrogations subsistent notamment pour les collèges « sans notes ». Le SNES-FSU a interpellé le ministère à propos du maintien de l’oral de français en Première. Cela n’est acceptable ni d’un point de vu pédagogique ni d’un point de vue sanitaire.

Enfin, il faut envisager le retour en classe et la rentrée prochaine. Le SNES-FSU a déjà interpellé le ministère sur les dispositifs prévus à la sortie du confinement et pour la rentrée. Nous demandons des aménagements permettant de lutter contre le décrochage au retour en classe et à la rentrée scolaire prochaine. L’annulation des suppressions de postes permettrait de limiter le nombre d’élèves par classe, de créer (ou maintenir) des dédoublements, et de créer (ou maintenir) des dispositifs de soutien.

Les principales réponses en graphique

  

CPE

En premier lieu, un grand merci à celles et ceux d’entre vous qui ont répondu à cette enquête dans un délai aussi court.
Dès le début du confinement, l’absence de consignes claires, voire contradictoires n’a pas aidé pour la mise en œuvre de la continuité pédagogique, en dépit des propos rassurants du ministre « on est prêt ».
On voit bien que la pertinence de l’adaptation de nos pratiques a été complétement fonction du type de pilotage des chefs d’établissement, et notamment, de leur capacité à gérer leur propre stress devant le caractère inédit de la situation.

Les CPE, laissée seuls…
Dans l’enquête, 76,74% des CPE disent ne pas avoir reçu de consignes spécifiques pour l’exercice du métier de CPE à domicile. Lorsque les CPE ont eu des consignes, il s’agissait d’appeler les familles avec leurs propres téléphones pour transmettre différents codes….
Cette demande est très disparate, puisqu’elle s’étend sur un spectre allant du contact obligatoire quotidien à celui obligatoire hebdomadaire.
Cela induit des disparités puisque 58,14% d’entre nous n’ont pas reçu de consignes précises du chef d’établissement ou des IPR concernant la régularité des contacts avec les élèves

Avec des problèmes techniques…
D’ailleurs, 48,84% des CPE ont eu des difficultés d’ordre technique ou technologique dans le cadre de la mise en place de la continuité pédagogique. Dans ces situations-là, pour 47,82 % aucune aide technique n’a été proposée ni aucun matériel informatique de prêt pour 78,09 % d’entre nous. Ajoutons à cela une quantité colossale d’appels téléphoniques et de mails lancés par les équipes d’éducation, ne compensant pas d’une part la qualité d’échanges et de transmission que nous entendons avoir avec nos élèves, d’autre part, ne compensant pas un fort sentiment de perte de sens, tant chez les élèves que chez les collègues.

Des difficultés de lien avec les familles, les élèves et les professeurs…
Le suivi des élèves cœur du métier est quand même très impacté car 48,84 % des collègues estiment que le lien avec les familles est irrégulier et avec les élèves 41,86 %. On fait le constat qu’en plus des problèmes matériels, les élèves ne réagissent immédiatement comme le souhaite nos directions, mais préfèrent espacer les contacts avec les CPE, dont une partie de l’action consiste à leur rappeler qu’ils doivent travailler et rendre les devoirs demandés. Par ailleurs, nous sommes 51,16 % à déplorer un travail en équipe moins important qu’avant, et avoir du mal à suivre les démarches hétéroclites des professeurs.

Mais avec des injonctions institutionnelles…
Les CPE se sont retrouvés seuls et démunis pour faire face. Les IPR ont alors demandé des retours des pratiques ou outils qui étaient mis en œuvre. Dans la précipitation, certains ont présenté des initiatives personnelles, déconnectées des missions, loin du partage d’expérience. En effet, les outils inventés pour l’utilisation des AED, les tableaux de répartition des appels des familles par les professeurs principaux par exemple…, montrent bien la volonté de contrôle de l’institution sur le travail des CPE durant cette période de crise.

Sans respect du cadre réglementaire.
Ce que l’on peut noter, c’est en ce qui concerne la prescription de notre métier, les chefs et les IPR sont assez outillés et parfois grâce à la naïveté de certains d’entre nous. Pour autant lorsqu’il s’agit de nous prémunir réglementairement, cela est plus que compliqué. Ainsi, 60,47 % d’entre nous, n’ont eu aucune information quant à l’application du Règlement Général de la Protection des Données dans le cadre de la continuité pédagogique. Il est à parier que nombre d’entre nous, avons certainement commis des fautes lorsque, par exemple, nous avons eu comme commande : remontez Noms, Prénoms, Adresses, des élèves qui n’ont pas de matériel informatique à leur disposition.

Pour finir
En conclusion de cette enquête, nous surfons sur ce que notre conscience professionnelle nous fait mobiliser pour maintenir le lien éducatif et pédagogique pour la réussite de nos élèves.
Chacun avec nos propres valeurs, nous improvisons nos pratiques, transposées tant bien que mal à une situation inédite où nous nous retrouvons seuls en face de notre ordi et de notre téléphone.
Le cœur de notre métier s’inscrit dans un suivi de l’élève par des contacts appropriés, réfléchis, pour que le fil ne soit pas rompu.
Avec ou sans numérique, comme pour les enseignants, notre métier reste un métier de conception.

Les principales réponses en graphique
  • mise à jour 1 avril

Complétez notre enquête : Continuité Pédagogique et conditions de travail

  • mise à jour 4 avril

Des vacances apprenantes ou reposantes ?
A la veille des vacances de la zone C, le ministre, jamais à court d’idées, a inventé le concept de « vacances apprenantes » pour tenter de concilier confinement et continuité pédagogique. L’ensemble des organisations syndicales et la FCPE ont réagi en adressant un courrier au Ministre : chacun maintiendra le lien pédagogique s’il le souhaite et comme il le souhaite. Les vacances sont d’abord un temps de repos et de coupure. Pensez aussi à vous préserver. A l’impossible, nul n’est tenu !
Communiqué de l’intersyndicale et de la FCPE : https://www.snes.edu/Pour-des-vacan...

La liberté pédagogique n’a pas disparu avec le confinement : retrouvez de nombreuses réponses à vos questions dans notre foire aux questions : https://www.snes.edu/Coronavirus.html

Des moyens en plus pour l’après crise !
Au lieu de toujours inventé de nouvelles façons de contraindre le travail de chacun, le Ministre devrait donner des informations sur les perspectives à court, moyen et long terme. Les inégalités se sont creusées pendant cette période, ce n’est pas avec des stages de quelques jours pendant les vacances qu’elles vont se résorber. Le SNES-FSU demande que des moyens supplémentaires soient accordés au second degré pour la rentrée prochaine de façon à diminuer les effectifs dans les classes et favoriser les dédoublements. Les programmes devront aussi être revus. C’est ainsi qu’un réel travail pédagogique de fond pourra être fait avec les élèves.


  • mise à jour 18 mars

Continuité pédagogique : que doit-on faire ? respect des droits des personnels et des élèves

La FAQ du SNES : https://www.snes.edu/Continuite-pedagogique.html

Après 3 jours de flottement, les choses sont désormais plus claires, Jean-Michel Blanquer ayant enfin fait parvenir des consignes explicites aux recteurs et rectrices :

  • « les déplacements, les réunions, les contacts doivent être limités » ;
  • « le télétravail doit être prioritairement utilisé » ;
  • « Dans les écoles et les établissements, seuls les personnels absolument nécessaires seront présents et seules les réunions indispensables pourront avoir lieu. Les autres réunions doivent être reportées ou réalisées par audio ou visio-conférence. Il s’agit notamment des conseils de classe, des conseils d’administration, des conseils d’école ainsi que les réunions nécessaires à l’organisation de la continuité pédagogique. La continuité pédagogique est assurée uniquement à distance, via le bouquet d’outils numériques sécurisés (Cned, ENT, logiciels de vie scolaire) et sous format papier si les familles ne disposent pas d’un matériel informatique adéquat ».

Mais il est aussi importante de rappeler que la continuité pédagogique ne peut pas se substituer aux cours en présentiel qui se construit autour d’interactions avec les élèves. Il ne s’agit pas d’une transmission mécanique des savoirs. Il ne s’agit pas non plus de s’engager dans des modalités d’apprentissage inaccessibles, ni de créer de nouvelles inégalités. ET donc la continuité prédagogique ne s’improvise pas ! Au-delà des dysfonctionnements en série des ENT qui illustrent la fragilité des réseaux et la vétusté de nos outils numériques, le « tout est prêt » du ministre ne résiste pas à l’épreuve des faits : adapter son enseignement, pour les enseignant.e.s, et ses apprentissages, pour les élèves, ne s’inscrit pas dans le temps effréné de la communication.

Pour la plupart d’entre nous, les contenus de nos enseignements, sous formes diverses, diaporamas, traces écrites, fiches etc… ne sont pas diffusables aux élèves en l’état. Pour beaucoup, nous avons une bonne partie de notre travail à refaire, si ce n’est pas tout. Un autre défi sera de concevoir des activités/contenus permettant l’apprentissage le plus autonome possible pour les élèves.

En ce qui concerne les élèves, il faut garder en mémoire le risque d’afflux de consignes et de demandes qui seraient de nature à les décourager, surtout les plus fragiles. Et attention au risque de multiplication des modalités de travail numérique entre les collègues qui peut perdre certains de nos élèves.

En ce qui concerne les outils utilisés
 : Il convient de bien respecter les limites du RGPD, et notamment de ne pas engager les élèves à s’inscrire sur des sites privés, gratuits dans l’instant pour promouvoir le produit, ou d’utiliser des applications externes à l’Education nationale. Et attention : Les solutions Discord / Whatsapp dont les élèves peuvent être friands sont à proscrire puisque ces solutions nécessitent une inscription et ne nous permettent pas de garantir la protection des données personnelles de nos élèves. Pour y recourir il conviendrait de disposer d’une autorisation écrite des représentants légaux.

Des éléments complémentaires dans cet article :


  • mise à jour 15 mars

Le 14 mars au soir, le 1er ministre a annoncé le passage au stade 3 et la fermeture de tous les lieux publics non indispensables. Il a ajouté « Nous devons impérativement limiter les déplacements, les réunions, les contacts ». Confronté désormais à une situation sanitaire d’une gravité exceptionnelle, le ministre JM Blanquer n’est décidément pas à la hauteur. Ses déclarations depuis jeudi n’ont pas aidé les personnels à y voir clair, cette cacophonie a alimenté les tensions et crispations dans un contexte qui nécessitait gravité et solennité. Les personnels loin d’être rassurés par leur Ministre ont été mis en difficulté. Le Ministre a même été contredit deux fois par le Président et le 1er Ministre !

Que faire si vous êtes appelés à venir dans votre établissement ?
Au regard de la situation sanitaire (passage au stade 3), des déclarations du président de la République, du 1er Ministre, du Ministre de la Santé, des recommandations de la DGAFP (voir ci-dessous), le SNES-FSU vous appelle à ne pas vous vous rendre dans votre établissement, sauf si cela est indispensable.
Demandez le report des conseils de discipline et des CA.

Le SNES-FSU sera à vos côtés si une hiérarchie zélée et peu au fait des considérations humaines entamait des démarches contraires à cet engagement ministériel.


  • mise à jour 14 mars

48h après l’annonce d’Emmanuel Macron de fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités jusqu’à nouvel ordre, force est de constater que cette décision est interprétée très différemment localement, mettant en difficulté les personnels et suscitant le trouble et l’incompréhension dans un contexte qui est pourtant déjà compliqué. On a ainsi vu des chefs d’établissements annoncer des réunions à plus de 100 personnes lundi matin, des injonctions à l’utilisation de certains outils dans le cadre de la continuité pédagogique, etc.
Toutes les organisations syndicales ont été reçues ce vendredi après-midi par le Ministre, ce qui a permis d’éclaircir certains points. Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous des premières réponses à vos questions. Cette FAQ sera régulièrement mise à jour. Nous compléterons notamment d’ici dimanche soir avec des questions dédiées à la situation des AESH et des AED.


Suite aux annonces du Président de la République ce 12 mars à 20h (fermeture des établissements scolaires jusqu’à nouvel ordre), il est indispensable de ne rien se laisser imposer qui aille contre la réglementation, nos statuts et notre liberté pédagogique. Vous trouverez ci-dessous quelques premières indications pour faire le point.

Présence des personnels dans les établissements
Nous attendons les précisions du ministère et du rectorat quant aux annonces présidentielles : s’agit-il de fermetures complète des établissements ou cette fermeture ne s’applique-t-elle qu’aux élèves ? Précisions indispensables pour déterminer les obligations de présence des personnels dans l’établissement, le maintien ou non des conseils de classe, la tenue éventuelle de réunions etc.

Continuité pédagogique
Notre expertise professionnelle doit être reconnue y compris dans des situations de crise comme celle vécue actuellement : nous restons maîtres des dispositifs de suivi des élèves et des modalités de leur mise en œuvre pendant toute la période de fermeture des établissements. En aucun cas un chef d’établissement, ni un conseil pédagogique ne peut imposer quelque pratique que ce soit aux cadres concepteurs que nous sommes.
Nous appelons tous les collègues à nous faire remonter toute difficulté ou pression qui pourrait voir le jour dans les établissements.

Par ailleurs, le ministre communique sur la mise en place de la continuité pédagogique. Elle concerne tous les élèves puisque l’accès à leur établissement ne sera plus possible à partir de lundi.

En vue des discussions engagées dans les établissements sur la continuité pédagogique et le travail des personnels dans le contexte d’établissements fermés aux élèves, nous vous invitons à lire les textes dont doivent tenir compte les chefs d’établissement.

  • la circulaire publiée au BO jeudi 12 mars sur le « plan ministériel de prévention et de gestion Covid-19 ».
  • l’annexe 4 consacrée à la continuité d’activité dans les écoles et les établissements scolaires, et notamment la partie consacrée à la « continuité pédagogique »
    Continuité pédagogique
    • Maintien du lien entre professeurs et élèves : la liste à jour des numéros de téléphone, adresse courriel ou adresse physique de chacun des élèves (et de sa famille) est la base des échanges sur l’ensemble des informations
    • Capacité à fournir des documents permettant de poursuivre une activité pédagogique à la maison
      • Numérique
        Au-delà des outils déjà disponibles soit via l’ENT, soit via le Cned, les professeurs peuvent mettre à disposition des documents non interactifs qui permettent de poursuivre l’activité dans une discipline donnée (recherche documentaire, exercice à réaliser, texte à lire et à commenter, etc.) en « préparation » de la reprise d’activité en classe
      • Physique
        Il convient de maintenir (en lien avec les personnels administratifs et techniques) la capacité de reprographier les documents sous un format papier pour les élèves et les parents qui n’ont pas d’accès numérique, sous un format qui peut permettre la continuité pédagogique. Il ne s’agit pas nécessairement de faire « découvrir » aux élèves en autonomie des compétences nouvelles mais surtout de maintenir dans un premier temps les acquis déjà développés depuis le début de l’année (consolidation des pratiques).
    • Capacité à interagir avec les élèves et leurs familles sur des questions spécifiques liées à l’enseignement Afin d’assurer un accompagnement pour les élèves (et leur famille), en support des documents et outils fournis pour la continuité du travail, chaque professeur doit prévoir des « créneaux » de permanence dans l’établissement durant la semaine pour être joint par téléphone (dans l’établissement) ou via l’ENT en échange synchrone. La classe virtuelle du Cned permet également des échanges avec les élèves, oraux ou par tchat. Un planning de ces horaires sera transmis aux élèves et à leurs parents dès que possible.
    • Continuité du suivi du parcours de l’élève et de la vie scolaire
      Les conseils de classe peuvent être tenus en présentiel (dans le strict respect des consignes sanitaires) ou en audio (ou visio) conférence si ces outils sont disponibles dans l’établissement. La priorité doit être donnée aux conseils de classe qui ont une incidence sur la suite du parcours des élèves :
      • Classe de terminale toutes voies : avis sur les candidatures dans l’enseignement supérieur et fiche avenir ;
      • En seconde générale et technologique : avis sur les pré-choix de voie d’orientation et le cas échéant d’enseignement de spécialité pour le cycle terminal ;
      • En classe de 3e : avis sur les choix initiaux de la famille en termes de poursuite d’études (voie d’orientation, éventuellement spécialité envisagée en voie professionnelle)
      • En seconde professionnelle organisée en famille de métiers  : avis de poursuite d’études vers une des spécialités.

Un certain nombre d’outils numériques sont proposés aux enseignants : les ENT, et la plateforme du CNED « Ma classe à la maison » notamment. Le ministère a publié une circulaire (n°2020-056 du 28 février 2020) pour cadrer le maintien du lien pédagogique à distance.

Lors des réunions qui pourraient être convoqués pour la mettre en place
Il est important de souligner :

  1. qu’un minimum de temps et d’organisation est nécessaire compte tenu du revirement complet opéré en quelques heures sur la question de la fermeture des établissements, et que les collègues sont par ailleurs eux-mêmes impactés personnellement et souvent en tant que parents d’élèves par cette décision.
  2. que le « miracle pédagogique numérique » vanté par le Ministre n’aura très probablement pas lieu, en particulier avec les moyens et l’expérience disponibles, l’autonomie encore limitée dans les apprentissages d’élèves en cours de développement, et les ressources familiales disponibles pour les accompagner (moyens matériels, situations familiales, etc.). Si des formes de révisions et de consolidation des connaissances paraissent envisageables dans l’immédiat, il n’en est pas de même pour la construction de nouveaux apprentissages, en particulier si la situation actuelle devait durer.
  3. qu’il ne peut être imposé à un professeur un mode d’échange avec les élèves qu’il n’aurait pas choisi. Chaque enseignant reste libre de ses pratiques pédagogiques. La circulaire précise bien « En fonction des besoins des élèves et des choix des professeurs, les établissements concernés pourront bénéficier du dispositif des classes virtuelles du CNED ». Elle précise qu’il faut distinguer les familles équipées d’internet et celles qui ne le sont.
    Le SNES-FSU appelle à se limiter aux possibilités de communication envers les élèves offertes par les ENT, l’utilisation des données personnelles (adresses mails personnelles, etc) n’étant juridiquement pas possible et pouvant exposer les collègues.
  4. que le « télétravail » relève d’une organisation encadrée strictement par des textes et qu’il n’est en aucun cas possible de l’imposer à un enseignant (voir par exemple le décret n°2016-151 du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature).

Dans la mesure où les établissements sont accessibles aux personnels (l’interdiction ne visant que les élèves), ceux-ci peuvent effectivement travailler avec les outils numériques sur place. Par contre, en aucun cas, il ne peut et ne doit être imposé l’obligation de travail chez soi avec son propre matériel.
Il ne serait pas acceptable que les conditions faites aux enseignants soient en deçà du décret 2016-151 encadrant le télétravail. L’article 6 en mentionne clairement que « l’employeur prend en charge les coûts découlant directement de l’exercice des fonction de télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci. »

Relations avec les familles
La section académique a par ailleurs diffusé le communiqué de presse ci-dessous :

Communiqué de Presse - Coronavirus - Fermeture des collèges et lycées

Annexes et ressources :