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Fermeture des établissements et
« continuité pédagogique » ...
pas si simple

Publié le : 1er avril 2020
  • mise à jour 1 avril

Complétez notre enquête : Continuité Pédagogique et conditions de travail

  • mise à jour 4 avril

Des vacances apprenantes ou reposantes ?
A la veille des vacances de la zone C, le ministre, jamais à court d’idées, a inventé le concept de « vacances apprenantes » pour tenter de concilier confinement et continuité pédagogique. L’ensemble des organisations syndicales et la FCPE ont réagi en adressant un courrier au Ministre : chacun maintiendra le lien pédagogique s’il le souhaite et comme il le souhaite. Les vacances sont d’abord un temps de repos et de coupure. Pensez aussi à vous préserver. A l’impossible, nul n’est tenu !
Communiqué de l’intersyndicale et de la FCPE : https://www.snes.edu/Pour-des-vacan...

La liberté pédagogique n’a pas disparu avec le confinement : retrouvez de nombreuses réponses à vos questions dans notre foire aux questions : https://www.snes.edu/Coronavirus.html

Des moyens en plus pour l’après crise !
Au lieu de toujours inventé de nouvelles façons de contraindre le travail de chacun, le Ministre devrait donner des informations sur les perspectives à court, moyen et long terme. Les inégalités se sont creusées pendant cette période, ce n’est pas avec des stages de quelques jours pendant les vacances qu’elles vont se résorber. Le SNES-FSU demande que des moyens supplémentaires soient accordés au second degré pour la rentrée prochaine de façon à diminuer les effectifs dans les classes et favoriser les dédoublements. Les programmes devront aussi être revus. C’est ainsi qu’un réel travail pédagogique de fond pourra être fait avec les élèves.


  • mise à jour 18 mars

Continuité pédagogique : que doit-on faire ? respect des droits des personnels et des élèves

La FAQ du SNES : https://www.snes.edu/Continuite-pedagogique.html

Après 3 jours de flottement, les choses sont désormais plus claires, Jean-Michel Blanquer ayant enfin fait parvenir des consignes explicites aux recteurs et rectrices :

  • « les déplacements, les réunions, les contacts doivent être limités » ;
  • « le télétravail doit être prioritairement utilisé » ;
  • « Dans les écoles et les établissements, seuls les personnels absolument nécessaires seront présents et seules les réunions indispensables pourront avoir lieu. Les autres réunions doivent être reportées ou réalisées par audio ou visio-conférence. Il s’agit notamment des conseils de classe, des conseils d’administration, des conseils d’école ainsi que les réunions nécessaires à l’organisation de la continuité pédagogique. La continuité pédagogique est assurée uniquement à distance, via le bouquet d’outils numériques sécurisés (Cned, ENT, logiciels de vie scolaire) et sous format papier si les familles ne disposent pas d’un matériel informatique adéquat ».

Mais il est aussi importante de rappeler que la continuité pédagogique ne peut pas se substituer aux cours en présentiel qui se construit autour d’interactions avec les élèves. Il ne s’agit pas d’une transmission mécanique des savoirs. Il ne s’agit pas non plus de s’engager dans des modalités d’apprentissage inaccessibles, ni de créer de nouvelles inégalités. ET donc la continuité prédagogique ne s’improvise pas ! Au-delà des dysfonctionnements en série des ENT qui illustrent la fragilité des réseaux et la vétusté de nos outils numériques, le « tout est prêt » du ministre ne résiste pas à l’épreuve des faits : adapter son enseignement, pour les enseignant.e.s, et ses apprentissages, pour les élèves, ne s’inscrit pas dans le temps effréné de la communication.

Pour la plupart d’entre nous, les contenus de nos enseignements, sous formes diverses, diaporamas, traces écrites, fiches etc… ne sont pas diffusables aux élèves en l’état. Pour beaucoup, nous avons une bonne partie de notre travail à refaire, si ce n’est pas tout. Un autre défi sera de concevoir des activités/contenus permettant l’apprentissage le plus autonome possible pour les élèves.

En ce qui concerne les élèves, il faut garder en mémoire le risque d’afflux de consignes et de demandes qui seraient de nature à les décourager, surtout les plus fragiles. Et attention au risque de multiplication des modalités de travail numérique entre les collègues qui peut perdre certains de nos élèves.

En ce qui concerne les outils utilisés
 : Il convient de bien respecter les limites du RGPD, et notamment de ne pas engager les élèves à s’inscrire sur des sites privés, gratuits dans l’instant pour promouvoir le produit, ou d’utiliser des applications externes à l’Education nationale. Et attention : Les solutions Discord / Whatsapp dont les élèves peuvent être friands sont à proscrire puisque ces solutions nécessitent une inscription et ne nous permettent pas de garantir la protection des données personnelles de nos élèves. Pour y recourir il conviendrait de disposer d’une autorisation écrite des représentants légaux.

Des éléments complémentaires dans cet article :


  • mise à jour 15 mars

Le 14 mars au soir, le 1er ministre a annoncé le passage au stade 3 et la fermeture de tous les lieux publics non indispensables. Il a ajouté « Nous devons impérativement limiter les déplacements, les réunions, les contacts ». Confronté désormais à une situation sanitaire d’une gravité exceptionnelle, le ministre JM Blanquer n’est décidément pas à la hauteur. Ses déclarations depuis jeudi n’ont pas aidé les personnels à y voir clair, cette cacophonie a alimenté les tensions et crispations dans un contexte qui nécessitait gravité et solennité. Les personnels loin d’être rassurés par leur Ministre ont été mis en difficulté. Le Ministre a même été contredit deux fois par le Président et le 1er Ministre !

Que faire si vous êtes appelés à venir dans votre établissement ?
Au regard de la situation sanitaire (passage au stade 3), des déclarations du président de la République, du 1er Ministre, du Ministre de la Santé, des recommandations de la DGAFP (voir ci-dessous), le SNES-FSU vous appelle à ne pas vous vous rendre dans votre établissement, sauf si cela est indispensable.
Demandez le report des conseils de discipline et des CA.

Le SNES-FSU sera à vos côtés si une hiérarchie zélée et peu au fait des considérations humaines entamait des démarches contraires à cet engagement ministériel.


  • mise à jour 14 mars

48h après l’annonce d’Emmanuel Macron de fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités jusqu’à nouvel ordre, force est de constater que cette décision est interprétée très différemment localement, mettant en difficulté les personnels et suscitant le trouble et l’incompréhension dans un contexte qui est pourtant déjà compliqué. On a ainsi vu des chefs d’établissements annoncer des réunions à plus de 100 personnes lundi matin, des injonctions à l’utilisation de certains outils dans le cadre de la continuité pédagogique, etc.
Toutes les organisations syndicales ont été reçues ce vendredi après-midi par le Ministre, ce qui a permis d’éclaircir certains points. Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous des premières réponses à vos questions. Cette FAQ sera régulièrement mise à jour. Nous compléterons notamment d’ici dimanche soir avec des questions dédiées à la situation des AESH et des AED.


Suite aux annonces du Président de la République ce 12 mars à 20h (fermeture des établissements scolaires jusqu’à nouvel ordre), il est indispensable de ne rien se laisser imposer qui aille contre la réglementation, nos statuts et notre liberté pédagogique. Vous trouverez ci-dessous quelques premières indications pour faire le point.

Présence des personnels dans les établissements
Nous attendons les précisions du ministère et du rectorat quant aux annonces présidentielles : s’agit-il de fermetures complète des établissements ou cette fermeture ne s’applique-t-elle qu’aux élèves ? Précisions indispensables pour déterminer les obligations de présence des personnels dans l’établissement, le maintien ou non des conseils de classe, la tenue éventuelle de réunions etc.

Continuité pédagogique
Notre expertise professionnelle doit être reconnue y compris dans des situations de crise comme celle vécue actuellement : nous restons maîtres des dispositifs de suivi des élèves et des modalités de leur mise en œuvre pendant toute la période de fermeture des établissements. En aucun cas un chef d’établissement, ni un conseil pédagogique ne peut imposer quelque pratique que ce soit aux cadres concepteurs que nous sommes.
Nous appelons tous les collègues à nous faire remonter toute difficulté ou pression qui pourrait voir le jour dans les établissements.

Par ailleurs, le ministre communique sur la mise en place de la continuité pédagogique. Elle concerne tous les élèves puisque l’accès à leur établissement ne sera plus possible à partir de lundi.

En vue des discussions engagées dans les établissements sur la continuité pédagogique et le travail des personnels dans le contexte d’établissements fermés aux élèves, nous vous invitons à lire les textes dont doivent tenir compte les chefs d’établissement.

  • la circulaire publiée au BO jeudi 12 mars sur le « plan ministériel de prévention et de gestion Covid-19 ».
  • l’annexe 4 consacrée à la continuité d’activité dans les écoles et les établissements scolaires, et notamment la partie consacrée à la « continuité pédagogique »
    Continuité pédagogique
    • Maintien du lien entre professeurs et élèves : la liste à jour des numéros de téléphone, adresse courriel ou adresse physique de chacun des élèves (et de sa famille) est la base des échanges sur l’ensemble des informations
    • Capacité à fournir des documents permettant de poursuivre une activité pédagogique à la maison
      • Numérique
        Au-delà des outils déjà disponibles soit via l’ENT, soit via le Cned, les professeurs peuvent mettre à disposition des documents non interactifs qui permettent de poursuivre l’activité dans une discipline donnée (recherche documentaire, exercice à réaliser, texte à lire et à commenter, etc.) en « préparation » de la reprise d’activité en classe
      • Physique
        Il convient de maintenir (en lien avec les personnels administratifs et techniques) la capacité de reprographier les documents sous un format papier pour les élèves et les parents qui n’ont pas d’accès numérique, sous un format qui peut permettre la continuité pédagogique. Il ne s’agit pas nécessairement de faire « découvrir » aux élèves en autonomie des compétences nouvelles mais surtout de maintenir dans un premier temps les acquis déjà développés depuis le début de l’année (consolidation des pratiques).
    • Capacité à interagir avec les élèves et leurs familles sur des questions spécifiques liées à l’enseignement Afin d’assurer un accompagnement pour les élèves (et leur famille), en support des documents et outils fournis pour la continuité du travail, chaque professeur doit prévoir des « créneaux » de permanence dans l’établissement durant la semaine pour être joint par téléphone (dans l’établissement) ou via l’ENT en échange synchrone. La classe virtuelle du Cned permet également des échanges avec les élèves, oraux ou par tchat. Un planning de ces horaires sera transmis aux élèves et à leurs parents dès que possible.
    • Continuité du suivi du parcours de l’élève et de la vie scolaire
      Les conseils de classe peuvent être tenus en présentiel (dans le strict respect des consignes sanitaires) ou en audio (ou visio) conférence si ces outils sont disponibles dans l’établissement. La priorité doit être donnée aux conseils de classe qui ont une incidence sur la suite du parcours des élèves :
      • Classe de terminale toutes voies : avis sur les candidatures dans l’enseignement supérieur et fiche avenir ;
      • En seconde générale et technologique : avis sur les pré-choix de voie d’orientation et le cas échéant d’enseignement de spécialité pour le cycle terminal ;
      • En classe de 3e : avis sur les choix initiaux de la famille en termes de poursuite d’études (voie d’orientation, éventuellement spécialité envisagée en voie professionnelle)
      • En seconde professionnelle organisée en famille de métiers  : avis de poursuite d’études vers une des spécialités.

Un certain nombre d’outils numériques sont proposés aux enseignants : les ENT, et la plateforme du CNED « Ma classe à la maison » notamment. Le ministère a publié une circulaire (n°2020-056 du 28 février 2020) pour cadrer le maintien du lien pédagogique à distance.

Lors des réunions qui pourraient être convoqués pour la mettre en place
Il est important de souligner :

  1. qu’un minimum de temps et d’organisation est nécessaire compte tenu du revirement complet opéré en quelques heures sur la question de la fermeture des établissements, et que les collègues sont par ailleurs eux-mêmes impactés personnellement et souvent en tant que parents d’élèves par cette décision.
  2. que le « miracle pédagogique numérique » vanté par le Ministre n’aura très probablement pas lieu, en particulier avec les moyens et l’expérience disponibles, l’autonomie encore limitée dans les apprentissages d’élèves en cours de développement, et les ressources familiales disponibles pour les accompagner (moyens matériels, situations familiales, etc.). Si des formes de révisions et de consolidation des connaissances paraissent envisageables dans l’immédiat, il n’en est pas de même pour la construction de nouveaux apprentissages, en particulier si la situation actuelle devait durer.
  3. qu’il ne peut être imposé à un professeur un mode d’échange avec les élèves qu’il n’aurait pas choisi. Chaque enseignant reste libre de ses pratiques pédagogiques. La circulaire précise bien « En fonction des besoins des élèves et des choix des professeurs, les établissements concernés pourront bénéficier du dispositif des classes virtuelles du CNED ». Elle précise qu’il faut distinguer les familles équipées d’internet et celles qui ne le sont.
    Le SNES-FSU appelle à se limiter aux possibilités de communication envers les élèves offertes par les ENT, l’utilisation des données personnelles (adresses mails personnelles, etc) n’étant juridiquement pas possible et pouvant exposer les collègues.
  4. que le « télétravail » relève d’une organisation encadrée strictement par des textes et qu’il n’est en aucun cas possible de l’imposer à un enseignant (voir par exemple le décret n°2016-151 du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature).

Dans la mesure où les établissements sont accessibles aux personnels (l’interdiction ne visant que les élèves), ceux-ci peuvent effectivement travailler avec les outils numériques sur place. Par contre, en aucun cas, il ne peut et ne doit être imposé l’obligation de travail chez soi avec son propre matériel.
Il ne serait pas acceptable que les conditions faites aux enseignants soient en deçà du décret 2016-151 encadrant le télétravail. L’article 6 en mentionne clairement que « l’employeur prend en charge les coûts découlant directement de l’exercice des fonction de télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci. »

Relations avec les familles
La section académique a par ailleurs diffusé le communiqué de presse ci-dessous :

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Communiqué de Presse - Coronavirus - Fermeture des collèges et lycées

Annexes et ressources :